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Lundi 30 juin 2008

CATHERINE EN FRANCE

Quand Elvira monta dans la Jeep elle remarqua qu’à côté d’elle se tenait un jeune Américain. Elvira les détestait, ces personnages arrogants, responsables en partie de la dictature pesant sur le Guatemala. Jean disait pourtant, la haine est mauvaise, mais ne rien dire ne réduit pas au silence. Elvira avait perdu plusieurs membres de sa famille et elle rendait responsable les Américains au même titre que les escadrons de la mort. Pourtant ce jour là le jeune homme lui était plutôt sympathique.

« Je vous présente Bob, un apprenti conseiller militaire, il part avec nous, j’espère qu’il ne vous dérangera pas Elvira » dit très ironiquement le commandant Ruiz.

« Mais enfin vous avez vu sa tête » dit le jeune américain dans un espagnol presque parfait. Les militaires rirent aux éclats. Elvira en aurait fait de même si la situation n’avait été aussi dramatique.

« Mais d'où sortez-vous Bob, vous venez d’arriver, je ne peux pas rire à cause de mes lèvres abîmées, évidemment  vos modernes instruments de tortures électriques ne laissent pas de traces et sauvent les apparences. »

Il la regardait étonnée.

« Tais-toi «  Dit Ruiz en pointant son revolver vers Elvira.

« Laisser la continuer, je suis ici pour m’instruire » Dit Bob

Ruiz rangea son arme à regret.

« Pourquoi êtes-vous ici. »Dit Elvira.

« Pour combattre le communisme. »

« Il a bon dos le communisme, c’est comme au temps des Espagnols qui combattaient le diable avec la redoutable inquisition. »

« Je reviens de mission au Tibet (A l’époque les USA soutenaient la résistance Tibétaine) et je peux vous dire que les chinois sont des diables. »

« Les Escadrons de la mort aussi sont des diables ils massacrent des villages entiers, et ces villages veulent vivre sans se soucier ni du communisme ni du capitalisme. »

« Mais le danger de contagion communiste est grand. »

« Mais de quel danger parlez-vous, oui nous avons une sorte de communisme primitif  comme les Mayas, mais cela fait plus de mille ans que nous vivons ainsi. Nous voulons simplement cultiver nos champs tranquillement mais nous sommes coincés entre vous et les Russes, il y a plus de douze ans vous avez supprimé l’espoir en voulant combattre le communisme vous avez tué la démocratie et encouragé une des dictatures les plus cruelle. Combien de morts en Afrique avez vous fait au nom de l’esclavage, combien de morts avez-vous faits parmi les indiens. »

« Mais. »

« Oui vous allez me dire que c’est de l’histoire ancienne. »

« Et le Tibet »

« Oui parlons en, croyez vous que vous pourrez renverser le régime chinois en armant plusieurs milliers de résistants sans pour autant recevoir le Dalaï Lama, ce que vous faites embête certes les communistes mais n’a aucune efficacité pour libérer le Tibet, car la Chine est un futur grand marché, ces reproches ne vous sont pas adressés personnellement, car je vous trouve plutôt sympathique, mais vous avez vraiment vu trop de Western. »

« Mais les communistes détruisent le Tibet. »

« Ai-je dit le contraire, et ce sont les Américains qui indirectement détruisent le Guatemala aussi atrocement qu’au Tibet, les USA ont perdus leur âme, enfin pas tous les habitants. »

« Tais-toi répéta Ruiz 

Ils arrivèrent bientôt à la limite de la piste en terre. Les soldats firent déchausser Elvira et puis ils lièrent chaque cheville avec une corde mesurant environ soixante centimètres.

« Ainsi tu pourras marcher, mais pas question de courir, et puis tu auras intérêt à regarder où tu mets les pieds. »

Le trajet commença, le jeune américain écartait les épines sur le chemin d’Elvira et la portait pour passer au-dessus des troncs d’arbres.

« Vous me parlez beaucoup du Tibet, pourquoi?.. »

« Parce que j’ai fait une mission dans cette région et je m’intéresse beaucoup au Bouddhisme. »

« Alors il vous faudra bientôt changer de métier. » Répliqua Elvira.

Le commandant Ruiz fulminait en queue de peloton, il parlait à voix basse à son second

« Il faudra le renvoyer au plus vite, s’il est ensorcelé par la première terroriste venue, de plus il est capable de dénoncer ce que nous faisons dans les journaux américains, il faudra de plus se débarrasser le plus vite possible d’Elvira, nous lui dirons qu’elle s’est enfuie, cette femme est  extrêmement dangereuse. » 

Ils arrivèrent enfin à la cabane près du temple

« Voici la maison de Juan. »

« Deux hommes à l’intérieur avec la fille deux autres avec moi en embuscade, il ne peut pas s’enfuir. »

« Si peut-être par la cave en dessous. »

« Où est l’entrée de la cave ? » Dit l’un des hommes

Bob regardait Elvira comme si elle était une madone, elle lui souriait.

« Je ne sais pas exactement peut-être ici. » Elle frappa du pied sur le vieux plancher c’était le signal. Une trappe s’ouvrit et elle disparue en moins d’une seconde chutant trois mètres plus bas. Les deux hommes se précipitèrent vers la trappe. Bob dégaina son arme comme dans les Westerns.

« Restez ici vous deux, elle vous a conduit c’est bien, vous n’avez plus qu’à attendre le terroriste. »

« Espèce d’idiot, tu n’as pas compris qu’elle va le prévenir. »

En fait c’était Jean qui avait actionné la trappe, à l’aide d’un système très simple. La cave débouchait sur un cul de sac, mais en fait le cul de sac débouchait sur trois passages secrets, fermés par trois murs. Elvira était à l’abri, elle était certaine que Bob protégerait sa fuite.

« Baisse ton arme, ne fait pas l’idiot, nous sommes du même bord. »Dit le deuxième soldat.

« Je ne sais  pas, n’avancez pas pour l’instant. »  Dit Bob plus menaçant que jamais, puis un, coup de feu claqua, il tomba, Ruiz venait de tirer

« Voilà, il nous aurait causé des ennuis, nous dirons qu’il est mort au cours d’un accrochage avec les guérilleros, mais allons voir s’il est bien mort. »

Ils entrèrent dans la pièce il n’y avait plus personne.

Ruiz jeta sa casquette, et la piétina avec rage.

« Ce vieux renard de Juan nous à encore eu, mais je l’aurai un jour. »

Dans les entrailles du temple, quelques souterrains et passages secrets plus tard, Juan se penchait sur l’américain.

«  Il a visé au coeur, mais la balle est passée très près, il s’en tirera. »

« Mais que vas-t-il devenir?.. »

« Il va devenir un autre homme, et toi ma petite comment vas-tu?  »Dit-il en la prenant tendrement dans ses bras.

« Mieux qu’avant »

« Je vais te soigner mais avant il est urgent que nous nous occupions de notre ami. »

Catherine était ravie, elle s’envolait vers la France avec ses parents adoptifs, elle partait à Montpellier ou Henri avait été muté chef de chantier naval. Elle poussait un ouf de soulagement, derrière eux deux Sud-américain discutaient, c’étaient les espions du commandant Ruiz chargés de ramener Catherine dans les six mois, temps jugé nécéssaire par les médecins pour confirmer la guérison. Six mois c’était long et si court et Catherine savait qu’elle ne reverrait pas le Guatemala dans cette vie.  

Bob se remit très vite en une semaine à peine, il avait du mal à se faire à son régime presque végétarien et il devenait de plus en plus amoureux d’Elvira.

« Tu me rends fou. »

« Pour ne rien te cacher, moi aussi, si quelqu’un m’avait dit cela il y a seulement quelques jours, je lui aurait ri au nez, mais nous nous sommes sûrement connus auparavant c’est du moins ce que dit Jean, mais au fait que compte -tu faire?.. » 

« Rester avec toi. »

« C’est toujours comme cela au début, viens me rejoindre ce soir, nous vivrons comme mari et femme pendant un semaine et je te poserai alors la même question. »

Huit jours de promiscuité complète passèrent.

« Que veux-tu faire Bob?.. »

« Tu le sais bien. »

« Oui, mais dit-le moi, j’adore les paroles que tu vas prononcer. »

« Rester avec toi. »

« Bien moi aussi nous avons réussi l’épreuve, seuls les couples bien accordés sur les trois plans sexuel, affectif et intellectuel peuvent passer cette épreuve et nous avons réussi, nous allons partir pour le Mexique, car toi et moi sommes très recherchés au Guatemala. »

 

par maybruce publié dans : Recits
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Samedi 14 juin 2008

 

CATHERINE DANS LE MONDE DES ESPRITS

 

 

 

 

Catherine toute guillerette rentra dans le vieux temple. Jean pris une lampe à huile, au fond de la pièce il poussa une pierre, un grincement se fit entendre et  le mur s’ouvrit comme par miracle , comme dans un conte de fées.

« Nous allons maintenant dans des pièces secrètes connues seulement de quelques personnes »

 « Oui c’est un peu comme dans des films » Dit Catherine ravie de l’aventure.

« Oui. » Jean actionna de l’autre coté de l’ouverture, la pierre sculptée représentait  une sorte de bonhomme aux grands yeux  »

« Si nous n’actionnons pas cette  pierre tout de suite nous serions enfermés à jamais. » Remarqua Jean

« Oh dit donc, il y a des squelettes, alors. »

« Il y en avait, mais je les ait retirés par contre j’ai gardé les casques. »

«  Dit donc ils sont drôles ces casques ce ne sont pas ceux des Américains. »

« Oh non ils sont très vieux, ce sont ceux des espagnols ils datent de plus de trois cents ans, ils s’appelaient les conquistadores, ils cherchaient de l’or, mais suis moi, nous allons dans la chambre des esprits. » 

Ils arrivèrent dans une petite pièce, au centre se trouvait des sortes de sarcophages de pierre, la pièce était très faiblement éclairée par trois ronds de lumière qui tombaient sur le sarcophage, deux d’entre eux faisait un rond coloré à chaque extrémité et le troisième éclairait le centre. Catherine remarqua que la lumière était verte.

« Pourquoi la lumière est-elle de cette couleur?... »Monsieur le sorcier.

« Elle passe à travers un filtre composé d’émeraudes, les anciens croyaient que ces pierres permettaient de passer dans l’autre monde. » 

« C’est quoi l’autre monde. »

« C’est  le monde où tu iras quand tu mourras. »

« J’ai le temps. »

« Et bien tu vas y aller de suite et tu vas revenir de suite, veux-tu. »

« Oui, si tu es là, je veux bien. »

« Alors voilà tu vas t’installer dans le sarcophage, tu mets ta tête sous le rond de lumière, le ventre sous le deuxième, et le troisième frappera tes jambes, enfin toi ce sera les pieds mais ce n’est pas grave, allonges-toi fermes les yeux et je vais te parler, mais cela ne sera pas comme d’habitude, ce sera dans ta tête, pour l’instant fais seulement comme si tu voulais t’endormir. » 

Catherine ferma les yeux et plongea rapidement dans un état entre la veille et le sommeil, il faisait bon dans la pièce souterraine, elle sentait de moins en moins son corps, elle sentait juste une sorte de fourmillement

Parfait, parfait, elle entendait la voix dans sa tête

« Maintenant tu vas me suivre, que vois-tu?.... »

Elle s’aperçut qu’elle ne pouvait pas bouger ses lèvres

« Non, fait comme moi, pense ce que tu veux dire tout simplement. »

« C’est tout noir, je ne vois rien, je ne peux pas bouger. »

« Pour l’instant ne regardes pas vers le bas, tu pourrais voir ton corps et avoir peur, et maintenant que vois-tu.?... »

« je te vois, mais tu es tout blanc. »

« C’est mon deuxième corps, toi aussi je te vois tout blanc. »

 « C’est drôle tu as un cordon comme les bébés. »

« Oui, il ne coupe qu’à la mort qui est une seconde naissance, tiens donnes-moi ta main, nous allons visiter le monde des esprits. »

Catherine donna sa main et subitement après avoir traversé une sorte de champ de ruines ils se retrouvèrent dans une grande vallée.

« Oh, c’est drôle les fleurs sont comme éclairées de l’extérieur, et je ne vois pas de soleil dans le ciel, c’est ici que vivent les morts?... »

« Oui. »

Ils virent un groupe de personnes qui leurs faisaient coucou de la main, ils étaient vêtus de vêtements bariolés.

« Salut Jean. »  Les mots raisonnaient dans la tête de Catherine.

« Ceux-là ils sont vraiment morts, je ne vois plus de cordon.

« Oui c’est bien observé, ceux-ci sont des Mayas, ils sont morts depuis plus de mille ans. »

«  C’est normal les curés disent que c’est pour l’éternité, l’éternité cela fait plus ou moins de mille ans?.. »

« L’Eternité est hors du temps, mais en principe nous restons ici entre cinquante et cent ans en temps de la terre qui n’est pas le même qu’ici , il est soit plus court soit plus long, mais les Mayas sont coincés ici. »

« Ils ont fait des bêtises?.... »

« Oui et non, il y a de cela très longtemps au moment de mourir ils ont voulu leurs deux corps mais cela n’a pas réussi, la vie est meilleure ici, en fait elle est exactement le reflet de chaque pensée, ils pensent à une belle vallée et c’est ce qu’ils voient et nous  avons pénétrés dans le monde de leurs pensées. »

« Sont-ils content?.. »

« Oui et non car nous sommes obligés d’aller sur terre pour découvrir qui nous sommes, et nous ne sommes pas encore dans le monde des esprits. »

« Allons-y dans le monde des esprits. »

« Non, nous ne le pouvons pas, il faut être mort pour cela, ceci est le monde intermédiaire, les vivants et les morts peuvent venir, pour aller dans le monde des esprits il faut traverser un grand tunnel, et des terribles gardiens qui sont appelés gardiens du seuil veillent et ne laissent passer que des vrais morts, ils renvoient les autres, le monde des esprits est comparable à celui-ci et ce sont les pensées qui forment les paysages. »

« Qui se ressemble s’assemble pensa Catherine. »

« Exactement. »

« Dis donc si je meurs bientôt tu me serviras de guide. »

« Oui, jusqu’au bout du tunnel mais pas plus loin, par contre tu pourras me rendre visite dans la vallée. »

« Oh, c’est gentil. » Elle eu brusquement l’impression qu’elle allait mourir bientôt. Brusquement elle réintégra son corps, ce fût comme un coup de poing au plexus solaire, elle voulut se lever mais elle ne le pouvait pas. »  

« C’était un peu brutal comme atterrissage » C’était la voix normale de Juan.

« Et toi tu peux aller comme tu le veux dans la vallée?..»

« Oui, mais c’est un long entraînement, en fait nous y allons toutes les nuits sans le faire exprès quand nous rêvons. » 

Catherine regarda sa montre

« Quoi cela ne fait qu’une demie heure que nous sommes partis!.. »

« Le temps est le même que dans le monde des rêves. »

« Tu disais qu’avant d'être née j’étais moi aussi dans le monde des esprits, mais je ne m’en souviens pas pourquoi?.. »

« Car tu voudrais y retourner le plus rapidement possible, ce monde est merveilleux, tu penses à quelque chose et tu l’as sous les yeux. Qui pourrais vivre dans la réalité du monde alors qu’il vit un conte de fée, la naissance est beaucoup plus dure que la mort,  dans la mort la mémoire revient alors qu’elle se perd dans la naissance. »

« Mais je voudrais savoir qui j’ai été autrefois. »

« Plus tard si nous en avons le temps. »

Henri et Anne-Marie finissaient leur café.

« Je peux rentrer à pied jusqu’à la voiture  » Dit Catherine.

« Combien vous doit-on. » Dit Anne-Marie.

« Rien. »

« Mais ce n’est pas normal.»

« Donnez simplement quelques dollars à Xuikaria si vous en avez. »

Henri était content car Catherine avait miraculeusement récupéré des forces .Il savait que cela ne durerait pas

Le soir tombait et le repas se terminait dans la luxueuse maison du commandant Ruiz, malheureusement Henri n’avait pas pu tenir sa langue.

« Alors M. Ruiz vous ne trouvez que c’était une bonne idée. »

Ruiz se leva, alors Henri vit sa vrai nature, les vibrations de haine étaient presque palpables.

« Vous êtes un vrai fou, je devrais vous tuer, les guérilleros ne savent pas où était ma fille maintenant ils le savent, vous aller me conduire au repère de Juan. »

« Mais j’en serais complètement incapable. » Répondit Henri.

Ruiz se radoucit d’un seul coup

« Qui vous a donné l’adresse. »

« C’est Elvira la gouvernante » Il eut l’impression d’avoir fait une gaffe.

« Je me propose d’amener Catherine en France » Rajouta-t-il.

« C’est vrai nous n’avons pas le choix, mais excusez moi j’ai un coup de fil important à passer, je reviens dans deux minutes. »

Ruiz revint en souriant il avait une pointe de sadisme dans son sourire.

« Excusez ma réaction mais vous savez en temps que membre du gouvernement nous sommes exposés, ne vous inquiétez pas je vous fournirais de faux papiers pour Catherine, vous pourrez ainsi la faire passer pour votre fille. »

Le maître avait dit, si vous êtes pris, au premier coup  faites semblant de vous évanouir, ne jouez pas les héros, pensez simplement à moi et je serais prévenu. Mais sous l’avalanche des coups Elvira s’évanouit pour de bon. Quand elle revint à elle le commandant Ruiz la contemplait.

« Ceci n’est qu’un prélude l’indienne, vas tu nous dire où se cache Juan. »

« Mais à quoi cela sert-il si je vous y conduit vous allez sûrement me tuer après. »

Ruiz resta bouche bée.

« Je connais d’autres renseignements sur les guérilleros, ce que je veux c’est une somme d’argent pour aller au Mexique et être au secret pendant un ou deux mois. »

« Crois-tu avoir le choix. »

« Oui, car j’avais rendez-vous avec Juan et plus le temps passera plus cela lui semblera bizarre et plus il aura le temps de se mettre à l’abri, de plus si vous m’abîmez trop je ne pourrai pas marcher et je ne pourrais pas vous conduire, vous savez bien qu’il est impossible d’expliquer son chemin dans la jungle. »

Ruiz reconnu quelle avait raison.

« Bon c’est d’accord, parle maintenant. »

« Non je veux des garanties, je veux que vous signez un ordre d’incarcération. »

« D’accord, mais conduit nous. »

Ruiz sourit quand la fille monta dans la Jeep, il pensa qu’elle était aussi naïve que rusée. Elvira sourit, elle savait qu’elle et juan fausserai compagnie à Ruiz.

 

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Vendredi 30 mai 2008


CATHERINE

Bonjour à vous, c’est Jean, pour vous permettre de suivre les interactions entre les différents personnages dans cette nouvelle tranche de vie se passant au Guatemala à une époque contemporaine nous indiquons la liste des différents personnages. 

Catherine: qui était Isabel

Jean ou Juan le chaman qui était Riberio

Henri un ami qui était Ricardo

Anne-Marie la femme de Henri qui était la vieille Nora.

Nous verrons aussi apparaître des personnages nouveaux si nous pouvons nous exprimer ainsi car nous allons les retrouver dans les prochaines aventures médiévales.

Le commandant Ruiz c’est un pseudonyme

Angela sa femme

Xuikaria la compagne de Jean qui était également la première compagne de ce même Jean dans la tranche de vie mexicaine (avant Juanita). La vie mexicaine précédente sert de référence en ce qui concerne le nom des personnages.

Bon nous commençons.

LE CHAMANE EN ECHEC.

La Jeep, peinait sur les pentes de la montagne située près de Guatemala-City. Henri conduisait la voiture avec peine, il pleuvait sur la jungle et parfois le soleil faisait de rayonnantes apparitions. Le soleil est symbole de la divinité pour les Mayas et quand ses rayons frappait la forêt, des serpents de brumes s’élevaient au-dessus de celle-ci. Le serpent réveillé par le soleil symbolisait la force endormie réveillée par la divinité, le serpent représente le dragon chinois symbole des forces de la terre. Jean contemplait la forêt et ses morceaux de brumes alimentaient sa réflexion. Il se trouvait assis sur les marches d’un temple ancien, ici la force du serpent était terrible, c’est ici que le guérisseur exerçait son art...

Plus bas Henri était arrivé à une impasse, la piste se terminait, la petite Catherine transpirait. Surgissant de la forêt, une indienne apparue dans sa robe bariolée, elle portait un chapeau de feutre, de sa main gauche elle tenait la bride d’un mulet car elle savait que la petite était trop faible. La petite Catherine âgée de treize ans en ce mois de Mai 1966 était en effet très faible car elle était atteinte de leucémie. En désespoir de cause Anne-Marie s’était  renseignée auprès des servantes indiennes qui lui avait indiqué le Chaman Juan. L’indienne Xukaria lui dit.

« J’ai emmené le mulet pour la petite. »

Henri dit qu’il voulait rester ici mais Anne-Marie insista pour qu’il vienne.

« A quoi cela sert-il d’aller voir ce sorcier, je n’y crois pas cela ne sert à rien. »

« Tais toi dit sèchement Anne-Marie. »

Henri ne dit plus rien; enfin cela ferait une promenade à la « petite » et puis il ne fallait pas la décourager, d’autant plus que Catherine connaissait bien le Français, celui-ci était un rationaliste convaincu, connaissant bien l’espagnol il était venu au Guatemala pour concevoir des ponts métalliques pour le gouvernement. Il avait fait connaissance avec Ruiz et de sa femme Angela. Ruiz était officiellement  une sorte de directeur de cabinet au ministère de l’industrie, mais en réalité et cela il ne le savait pas c’était un des chefs des sinistres « Escadron de la mort » responsables de la disparition de dizaines de milliers de personnes, des innocents pour la plupart.

L’indienne effectuait un parcourt compliqué dans la jungle, personne à part elle n’aurait pu retrouver le chemin du vieux temple envahit de lianes et mêmes d’arbres. Jean n’avait dégagé que l’entrée. Le vieux temple possédait des salles secrètes connues de lui seul. Ruiz avait mis sa tête à prix, plusieurs fois l’armée avait retrouvé le temple mais à chaque fois Juan s’était évaporé, comme par magie. Juan s’apprêtait donc à soigner la fille de son ennemi mortel, il aurait pu refuser mais il savait plus ou moins consciemment qu’il l’avait connu. Henri pestait. 

« Si M.Ruiz l’apprend, il va nous passer un de ces savons. »

Il ne croyait pas si bien dire, mais n’anticipons pas

Jean contemplait la file des voyageurs. Catherine très amaigrie bien que presque mourante lui sourit.

«  Alors c’est toi le grand sorcier qui va me soigner. »

« Oui tu vas guérir. » . Mais dans son for intérieur il savait que Catherine était condamnée. Pourquoi alors dire « Tu vas guérir. » ? . Pour les chamans du monde entier et plus particulièrement ceux d’Amérique du  Sud, guérir veut dire retrouver le bonheur, ce qui dans quelques cas particuliers n’est pas forcément retrouver la santé.  

« Xuikaria vas nous faire un café, je vais examiner la petite dans la salle. »  L’indienne dans une vieille cabane près du temple, construite en bois elle comportait une table vermoulue avec des bancs et un réchaud à gaz.

« Venez vous reposer. » Dit  Xuikeria.

Dans la pièce au coeur du temple, seule une lampe à huile brillait et une mince ouverture laissait passer un rond de lumière  d’environ cinquante centimètres de diamètre au sol.

« Petite reste quelques instants dans la lumière. »

Catherine se tenait difficilement debout quelques secondes.

« Tu peux t’asseoir maintenant. » Le chaman avait vu, il s’agissait bien sûr de visions psychiques et trois solutions venaient à son esprit, soit il enlevait Catherine et elle avait quelques chances de vivre, soit il la rendait à ses parents et elle mourrait dans un mois environ, soit il la confiait à Henri pour qu’elle parte le plus longtemps possible en France et elle avait toutes les chances de vivre. En plus d’avoir vu il avait entendu l’esprit de Catherine et celle-ci savait que son père était un assassin et un tortionnaire. Tous ses centres psychiques étaient obscurcis, voilés par de petits nuages noirs ou gris. Les nuages gris correspondaient à des mauvais héritages des vies passées. Ainsi l’initié devinait l’abandon correspondant à la fuite d’Emmanuel dans sa dernière vie, il voyait aussi des pertes d’êtres chers arrivant prématurément, mais les nuages noirs dominaient, son père la dégoûtait. Elle avait  subie beaucoup d’abandons et de trahisons et elle ne voulait plus vivre. sa connaissance du statut de tortionnaire de son père avait provoqué chez elle la maladie..      

Jean retira l’énergie délétère assez rapidement, aidé par la puissance du lieu. il effectuait quelques passes à cinquante centimètres du corps de Catherine, son aura était ténue et faible mais bien large, la puissance spirituelle était présente, mais  elle ne possédait plus beaucoup de force vitale. 

« Voilà tu vas aller mieux. »

En effet la petite marchait maintenant sans peine.

« Tu m’as guérie Monsieur le sorcier. »

« Provisoirement du moins, mais pour vraiment guérir il te faudra faire un long voyage, un très long voyage. »

« Dans quel endroit, en France. »

« Oui avec Henri et Anne-Marie, le veux-tu?... »

« Oh oui, ils vont me sauver. »

Jean retrouva Henri et Anne-Marie devant la table, ils commencèrent à plaisanter avec Catherine qui reprenait des couleurs presque à vue d’oeil.

« Cette promenade lui a fait le plus grand bien. » Disait Henri qui considérait Catherine comme la fille qu’il n’avait jamais eu. Jean savait qu’il ne fallait pas prendre Henri le matérialiste convaincu de front et lui laisser ses illusions.

« La promenade en forêt lui a fait le plus grand bien, mais cela ne va pas durer, sa meilleure chance de survie est en Europe, il serait bien que vous l’emmeniez, notre pays le Guatemala est arriéré vous savez, seuls les médecins Européens peuvent la sauver. »

Henri était aux anges, au moins il a les pieds sur terre ce charlatan.

« De plus ne vous inquiétez pas je connais des amis qui sont capables de vous fournir un faux acte de naissance, pour pourrez ainsi la faire passer pour votre fille, car la médecine coûte chère en Europe, vous bénéficierez ainsi de l’assurance sociale » Puis il ajouta:

  « Ne dites pas que c’est moi qui vous a donné l’idée, nous sommes un peu en froid avec le commandant Ruiz. »

Henri était aux anges, ce sorcier avait décidément de bonnes idées et de toutes façons ce n’était pas un vrai sorcier, mais le fait qu’il est une fille était très plausible, en effet il s’absentait au moins dix mois par an de France depuis plus de quatorze ans et il paraissait normal qu’il ait une fille à l’étranger. De plus il aimait beaucoup Catherine et la réciproque était vraie.

« Je peux vous demander une faveur. » Dit Jean

« Dites toujours. »

 « Et bien la petite veut visiter les salles secrètes du temple nous en avons pour une heure à peine. »

« Si Catherine est contente moi aussi » Répondais Henri. Catherine n’avait pas faire une telle demande, mais elle ne dit rien car elle était très curieuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 18 mai 2008

 

EPILOGUE

 

« Quoi dit Juanita tu ne m’avais jamais parlé de cette mine d’or. »’

« Et bien je t’en parles maintenant je l’ai découverte en jouant au pendule il y a vingt ans de cela. »

« Et tu n’as rien fait tu ne l’a pas exploitée. »

« Non car telle n’étais pas ma mission, je prends quelques kilogrammes d’or en cas de besoin. »

« Mais je ne comprends pas pourquoi tu n’as jamais songé à acheter une villa ou une hacienda ou bien encore un saloon, un hôtel et pourquoi pas un hôpital. »

« Non ma mission n’était pas d’acheter. »

« Et si quelqu’un s’emparait de ta mine, tu aurais bonne mine. » Elle ne remarqua même pas le jeu de mots involontaire. 

« Elle est protégée, et invisible aux yeux des hommes je t’expliquerais comment plus tard. Je ne l’ai pas exploitée car l’exploitation de l’or dans l’ouest et le sud américain n’a amené que ruines et désolations, surtout pour les indiens, plus tard dans beaucoup d’années cette mine sera la propriété des Hopis, elle ne sera découverte que quand elle aura un rôle plus positif que négatif. »

« Mais tu es sûr que nous ne pourrions pas prendre une Hacienda, une toute petite. »

« Je te signale que nous sommes ou plutôt que je suis recherché au Nouveau Mexique et au Mexique, et que je suis plus que jamais condamné à voyager sans trêve. »

« Juanita rêvait d’enfants, elle rêvait d’un foyer elle se renfrogna et se mit à bouder. »

« Tiens tu sais ce que nous allons faire, un grand voyage en Europe ou je me consacrerai beaucoup à toi, nous pourrions aller en France en Espagne en Italie pourquoi pas. »

Le visage de Juanita s’illumina dans un vaste sourire. 

Ils partirent dès le lendemain, ce fût la fête, Juanita mit une belle robe orangée se terminant au milieu des mollets, ils amenèrent très peu de bagages. Ils visitèrent la Lombardie, le Milanais dans ces pays recouvrant il y a longtemps le nom d’Italie en référence à l’école Italique du célèbre Pythagore, puis la guerre vint, elle avait pour but de reconstituer justement l’Italie, comme autrefois. Ils allèrent en France, Juanita était contente. Riberio faisait le tour des guérisseurs, il fréquentait également les groupes occultes et ésotériques très nombreux dans cette deuxième moitié du XIX éme siècle, il était surnommé le Mexicain, puis de nouveau la guerre de 1970 les rattrapa. Ils partirent  pour l’Espagne puis reprirent le chemin du retour. Aux Etats Unis le changement était grand depuis leur départ. Ils s’installèrent encore au Nouveau Mexique où les autorités ne les reconnaissaient plus, leur surnom était « Les français. »   

Les années passèrent, Juanita possédait une petite maison, avec le sol en terre battue, son seul luxe consistait en une cuisinière en fonte dernier modèle, elle enrageait et s’ennuyait car Riberio partait de longues semaines pour poursuivre sa mission, parfois il faisait même des séjours en prison, toujours pour la même cause à savoir son engagement envers les indiens, il s’évadait car il savait se rendre invisible quand il le voulait. Il ne changeait pas à proprement parler la structure de son corps, mais il créait autour de lui, une sorte de mur énergétique, les autres personnes le voyait mais ne le percevait pas, les sensations ne dépassaient pas le début des nerfs optiques.

Juanita était passionnée par ses études de «  femme médecine. » Mais elle regrettait le peu de présence de Riberio. Un jour celui-ci rentra à la maison.

« J’ai besoin de ton aide, le pauvre Ernesto, je n’arrive pas à le soigner. Voici deux ans qu’il a perdu sa femme et il n’a plus le goût de vivre, il est tellement enfermé dans ses malheurs qu’il a formé comme un mur autour de lui. Il n’y a que la présence physique d’une femme qui peut l’atteindre. »

Quand Juanita pénétra dans la maison elle poussa un cri d’exclamation, le pauvre Ernesto était tout maigre, il ne mangeait presque pas, et buvait beaucoup de tequila la maison était semblable à une soue à cochons, Juanita se jeta avec ardeur sur l’ouvrage .Elle mit de l’ordre, le força à manger et lui parla. Ernesto reprenait des forces, un jour que Riberio revenait de ses longues périgrinations Juanita dit.

« Il va de mieux en mieux, mais il devient de plus en plus pressant, il reprend de plus en plus de force, ma présence ne devient plus indispensable. »

« Mais si tu ne viens plus il va sombrer à nouveau. »

 « Qu’elle est la solution, je ne vais pas me dérober et le faire languir continuellement, il lui faut une femme pour que sa guérison soit complète, je peut essayer de lui en trouver une, je vais faire le tour des veuves.  »

« Fais ce qu’il te plaira. »

« Mais tu n’est même pas jaloux, cela veut dire que tu ne tiens pas à moi. »

Riberio voulut ouvrir la bouche, il attendait la réponse de l’âme ou de la force, pour ne pas commettre d’impair mais celle-ci tardait à venir.

« Comment veux-tu que je sois jaloux quand je suis au loin, suis je jaloux du vin que tu bois, des cigares que fumes, du lit sur laquelle tu t’étires la matin, pourquoi serais jaloux de ton plaisir quand je ne suis pas là pour le partager. »

« Serais tu jaloux si j’étais avec un autre quand tu reviens. »

« Evidemment. »

« J’aime mieux cela. »

Juanita, par désoeuvrement et par pitié devint l’amante d’Ernesto dans les jours qui suivirent quand Riberio partit encore de nouveau. Il n’y eut aucune rumeur, ni aucune médisances dans la communauté des indiens Hopis, car Riberio et Juanita étaient considérés comme un couple de chamans qui ne sont pas forcément mari et femme ou amant amante. Cinq ans passèrent Juanita eut trois enfants, Pablo, Roberto et Martine prénom qu’elle donna  en souvenir de la petite Annamite. Ils correspondaient régulièrement avec Clara qui s’était mariée avec un occultiste malgré la présence de Clémentine la fille d’Emmanuel. A chaque retour de Riberio, Juanita retournait dans ses bras ce qui rendait jaloux Ernesto, Juanita menaçait alors de le quitter et il ne disait plus rien. A ses yeux les rares rencontres avec Riberio avaient une dimension extraordinaire, elle ne savait plus où elle était, qui elle était après de longues étreintes dites tantriques.
Mais la vie est constituée d’ordinaire et d’extraordinaire.   

Les années s’ajoutaient aux années, Riberio était vieux maintenant, les enfants étaient partis du foyer. Ernesto était mort d’une chute de cheval car il avait trop abusé de tequila.

Juanita devint grand-mère, en Europe la guerre sévissait, Riberio était très vieux, il avait atteint l’âge respectable de cent trois ans, il n’en paraissait que soixante dix il se tenait encore droit en traversant le village où il croisait des automobiles. Il restait six heures par jour en méditation à aider par l’intermédiaire du « monde psychique. ».
Les habitants du village l’appelaient « l’immortel ». Durant sa longue vie plusieurs millions d’indiens avaient disparus et il n’en restait plus que cinq cent  mille pour tout le territoire des U.S.A. Il espérait la renaissance rapide du peuple indien dans un centaine d’année et il savait qu’il serait pour eux un guide pour quelques vies encore.

La philosophie chinoise apprend que l’homme possède trois sortes d’énergies en premier lieu : L'énergie de la naissance, l’énergie du ciel et l’énergie de la terre. L’énergie de la naissance est comme un réservoir alimenté par les deux autres sortes d’énergie qui sont à l’échelle humaine, infinies. Riberio savait merveilleusement capter l’énergie du ciel et l’énergie de la terre mais il ne pouvait empêcher le réservoir de devenir de plus en plus petit car c’était le lot de tous les hommes. Un jour la force vitale innée se trouva épuisée et son coeur cessa de battre.

A l’Hacienda, Isabel qui ne pouvait plus avoir d’enfants en eu quand même deux de Ricardo, elle appela le premier Manuel en souvenir d’Emmanuel et la deuxième Maria. Ricardo intéressé depuis longtemps par le travail du fer avait fait installer une forge et un appareil de soudure ce qui n’était pas courant à cette époque, l’hacienda revivait alors ils firent un grand voyage et visitèrent l’exposition universelle de 1889. A cette occasion Ricardo rencontra Gustave Effeil . Ils vieillirent et les enfants partirent. Ricardo seulement intéressé par le côté matériel de la vie devint un vieillard acariâtre, tandis qu’Isabel devenait de plus en plus sereine, ils moururent un peu après le début du siècle d’une attaque pour Ricardo qui s’était mis à boire et de vieillesse pour Isabelle au cours de l’année 1914.     

Juanita vécue très vieille. A plus de quatre vingt dix ans elle entrepris le voyage jusqu’à l’hacienda du nouveau monde qu’elle avait quittée depuis plus de soixante cinq ans, c’était en 1931 en pleine récéssion. Elle fût accueillie par Maria, la fille d’Isabel qui avait plus de cinquante ans à cette époque. Elle resta quelques semaines et ses forces l’abandonnèrent elle n’eut plus la force de repartir. Elle savait qu’elle rencontrerait Riberio dans deux vies et qu’elle serait alors sa fille. Sa mort fût très belle des entités se pressaient pour l’accueillir, elle retrouva Emmanuel, Riberio et Isabel.  

 

 

 

 

 

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Lundi 5 mai 2008

 Retour à l’Hacienda

« Ah te voila, enfin je croyais que tu ne sortirais pas de la brume, tu viens de traverser tous tes regrets, le filet de lumière, le fil d’Ariane que tu as suivi se sont mes pensées d’amour, non je ne suis pas jalouse car nous étions sur un autre plan, sais tu que j’aurais pu être ta fille, mais une bonne âme a pris ma place pour se réincarner. Nous allons passer un moment ensemble, cela pourra durer un an en temps terrestre, ou bien cent ans puis nous allons nous quitter et nous retrouver dans deux vies pour toi, mais tu as encore beaucoup de choses à comprendre sur le nouveau monde où tu viens d’arriver, ce sera moi ton guide, tiens Riberio viens de nous rejoindre.   

« Je ne suis pas l’un des vôtre, et suis donc ici à titre provisoire, je suis le passeur mais ta mort a été si soudaine que je suis arrivé en retard, nous nous retrouverons pas au siècle suivant, mais dans deux siècles, bon à bientôt, les vivants ont besoin de moi à l’hacienda »   

Pendant ce temps là à l’hacienda la situation était grave, il ne restait presque plus rien, plus une tête de bétail, plus de vins dans la cave, plus de meuble à l’exception d’un lit dans la chambre d’Isabel. Celle-ci était en haillons, elle avait fuit depuis plusieurs semaines et avait survécu grâce au fidèle Ricardo le contremaître qui braconnait pour lui apporter à manger. Dix fois Isabel avait eu la tentation de se jeter dans le ravin. Elle avait tout perdu, son amour, son fils Bernardo qui venait de mourir écrasé par les roues d’un chariot. Il ne restait plus que son contremaître et maintenant ami Ricardo.   

« A quoi bon vivre Ricardo, je n’ai plus rien. »

« Si tu as Nora et moi, sommes nous rien?. »

«  Ce n’est pas ce que je voulais dire. »

«  Tu as la vie et les amis, le fou et son amie Juanita qui vont bien finir par revenir. Et puis tu possèdes encore de la terre, trois cent hectares ce n’est pas rien, et puis j’ai une robe pour toi, fais moi plaisir lave toi et passe là puis nous passerons une bonne soirée, j’ai réussi à sauver quelques bouteilles de vins, du 1854 »

Il lui tendit le liquide.  

« Viens nous allons nous laver, tu passeras la robe et nous passerons une bonne soirée. »

Isabel se laissa faire, elle était un peu éméchée. Ricardo la déshabillait lentement et la lavait devant l’abreuvoir.

« Dis donc Ricardo cela fait longtemps que tu n’as pas vu les filles de Monterrey, avant tu y allais plusieurs fois par semaine. »

« Mais tu est plus belle que toutes les filles de Monterrey réunies, jour et nuit je pense à toi et puis ils nous ont laissé un lit, c’est bien un signe. »

Elle n’avait plus la force de lutter, elle ne savait pas si elle avait envie, elle ferma les yeux quand il l’embrassa passionnément devant l’écran de ses yeux il y avait Emmanuel. Elle se leva heureuse le lendemain matin pour la première fois depuis des semaines, elle pensait ne plus rien ressentir et cela n’avait pas été le cas, la nuit avait été agréable sans plus, mais elle contrastait beaucoup avec les semaines d’errances. Elle était aussi un peu honteuse car Ricardo lui faisait plus penser à un père qu’à un amant, mais Emmanuel était présent dès que ses yeux se fermaient.  

«  Alors tu vas mieux?... »

« Oui je vais beaucoup mieux. »

Elle sourit.

« Isabel veux-tu devenir ma femme?... »

Elle voulut ouvrir la bouche, mais les mots ne sortaient pas , elle resta muette. A cette époque les hommes avaient trois femmes dans leur vie , premièrement la femme légitime souvent épousée pour des raisons économiques, l’accord charnel se faisait ou ne se faisait pas alors apparaissait la maîtresse qui n’était pas forcément celle que l’on aime, qui elle, était souvent mariée ailleurs. Ricardo était visiblement amoureux et de plus bon amant.

« Es-tu amoureux Ricardo?... »

« Oui je le suis depuis longtemps. »

« Alors veux-tu renoncer à l’hacienda dans mon testament, je te veux plus amant que mari. »

« Oui. »

« Bon alors c’est oui, mais mettons les choses au point, je te serais fidèle, mais saches que moi je ne suis pas amoureuse et que mon coeur est au loin. »

« Ton lit est près. »

Ricardo était un matérialiste convaincu, mais dans le sens premier du terme, il aimait la matière sans philosopher, il aimait le corps des femmes, il aimait les bons petits plats, les vins, les chevaux, les vaches et le vent de la Sierra-Leone. Pour lui nul besoin de chercher à savoir ce qui se cachait derrière la nature, il ne croyait pas en Dieu car ses employés (Les prêtres) étaient selon son expression ( Des empêcheurs de vivre et de jouir) ainsi que des frustrés, seul Emmanuel trouvait grâce à ses yeux. Ah s’ils étaient tous comme lui répétait-il, lui m’a presque fait croire. Quant à Isabel elle se sentait en sécurité avec Ricardo.

Quelques jours plus tard quand Juanita et Riberio revinrent à l’hacienda, ils trouvèrent Ricardo et Isabel un peu éméchés assis sur des caisses en bois et se réchauffant devant le feu.

« A boire, à manger, un lit avec des couvertures et une belle fille dedans je ne demande rien de mieux. »

« C’est bien si cela dure longtemps, mais comment allez vous faire cela?... » Dit Riberio en ouvrant la porte 

« Et bien nous nous débrouillerons, ce n’est pas tes tours de magie qui mettrons du beurre dans les haricots. » Répliqua Ricardo.

« C’est ce que tu crois, mais j’ai plus d’un tour dans mon sac. » Il tendit une grosse bourse remplit de pièces de 50 dollars en or à Isabel..

« Tu en auras besoin pour remettre en état l’Hacienda. »

« Mais je ne peux pas accepter. »

« Si tu le peux, c’est un ordre. » Dit Riberio qui décida de ne pas lui annoncer la mort d’Emmanuel, maintenant qu’elle commençait juste à revivre. »

Isabel donna sans hésitation la bourse à Ricardo

« Tien c’est pour toi, remet en état l’hacienda pour notre mariage, s'il en a trop c’est à toi puisque tu as renoncé à l’héritage. »

Juanita était interloquée, elle ne savait pas que Riberio possédait de telles sommes.

« Mais d’où viens tout cet argent. »

"MAIS DE MA MINE "

par maybruce publié dans : Recits
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