VOYAGE A MARSEILLE 4

Publié le par maybruce

Simon et Jueta après être sorti du comté de Treignac chevauchaient à marche forcée, en direction du Comté de Toulouse, ils étaient désormais hors d’atteinte du terrible père. Ils se nourrissaient de baies, d’épeautre frit sur une pierre chauffée, de bouillie de farine de seigle et de truites et carpes péchées dans les rivières les plus proches, Simon veillait soigneusement sur sa pierre à feu. En moins d’une semaine ils dépassèrent Cahors et se réjouirent bientôt d’atteindre Toulouse. 

« On raconte que le Comte protège les couples non mariés et on dit qu’il protège même les hérétiques ainsi que les juifs et les sarrasins. » Dit Simon

« Tu es bien savant l’ami. »

Le comté de Toulouse respirait la prospérité, les vignes les champs d’épeautre, les vignes prospéraient, le pays était moins sauvage que le Limousin, la langue différait quelque peu mais Jueta apprenait très vite. Ils arrivèrent en vue des imposantes fortifications de Toulouse. Ils n’avaient jamais vu une ville aussi grande, elle dépassait Cahors et Treignac et on retrouvait par endroit les très anciennes fortifications en briques. Ils se rendirent directement au vieux château du Comte Raimon VI. Les gardes les observaient avec méfiance, les vêtements étaient tachés de fientes de poules, et leurs cheveux en broussailles, mais le luth de Jueta et les chevaux fins et racés leur ouvrirent les portes. 

Un homme affable d’une cinquantaine d’année les accueillit. Il était habillé simplement.

« Je vais faire chauffer l’eau pour votre bain et vous procurer des nouveaux vêtements, que diriez vous d’une robe vert clair qui mettrait en valeur vos cheveux blonds et vos yeux bleus mer. »

« Pourrions nous voir le comte de Toulouse? » Dit Simon

« Mais vous l’avez devant vous, reposez vous et venez dîner, vous me conterez votre histoire. »

« Vous avez un fort beau domaine messire le comte. » Dit Jueta

«  Pour combien de temps encore, je ne sais, nous allons avoir la guerre tôt ou tard et cela m’attriste au plus haut point, mes sujets sont tous semblables, que ce soit les cathares, les catholiques et de plus j’ai parmi mes amis des rabbins ainsi que des sarrasins, sûrement que tous ont raison et tous ont tord à leur manière. Beaucoup  dans ces religions disent, Dieu est la vérité et vous êtes dans l’erreur, alors n’est-il pas juste de dire que la vérité est Dieu, alors nous ne pouvons que la rechercher. Les temps sont graves, j’aurais préféré être artisan ou bien musicien comme vous , j’écris aussi des chansons. »

Le comte les convia à sa table dans deux heures avec le luth, un valet leur montra la chambre où déjà fumait un grand baquet en bois, puis il leur confia la clé.

« Vous ferez ce que bon vous semblera, vous ne serez pas dérangé avant deux heures ordre du comte. »

Jueta appréciait ce pays et sa douce hospitalité, elle remarqua la lueur de désir dans les yeux de Simon, ils firent l’amour pour la première fois dans un lit, la peau de Jueta lavée avec du savon au miel lui semblait incomparable.

Il était déjà tard quand ils se couchèrent la soirée avait été intime et excellente, en compagnie de Raimon et de sa femme Eleonore. Jueta songea à ces hérétiques, qui sont ces cathares dont elle entendait parler depuis quelques jours?

MARS 1208

Les cloches sonnaient dans l’église de Treignac, pour celebrer le mariage de Gui de beaulieu avec Clemence Pardoux la tante de Simon.

« Quel dommage que ma fille ne soit pas ici en ce jour. » Dit Gui

« Vous n’aviez nul besoin de la faire fuir » Répondit le baron de Treignac agacé.

« Ah si vos soldats l’avaient retrouvé. »

« Oui vous seriez fort aise, mais la providence en a décidé autrement, et cette union est sans doute approuvée par Dieu, au fait quand retournez vous en Périgord, j’ai besoin de mortier pour agrandir le château. »

« Bonne idée ma fille est peut-être là bas après avoir renvoyé ce troubadour. »

« Vous pouvez toujours rêver messire Gui. »

Publié dans Recits

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article