VOYAGE A MARSEILLE 3

Publié le par maybruce

 

Nous étions en pleine lune mais tant pis, elle attacha solidement la corde au meneau puis se glissa péniblement heureusement qu’elle était très menue, un homme n’aurait pas pu sortir par la fenêtre. Les sabots des chevaux étaient entourés de chiffons, pour ne pas attirer l’attention des gardes. Les portes de la ville étaient closes, ils descendirent par la rivière en suivant un petit chemin de pécheur. A cette heure les gardes sur le pont principal dormaient  et ils passèrent sous le pont, la vigilance était faible car le pays n’était pas en guerre à cette époque. L’eau malgré l’été glaçait les jambes des deux compères et il fallait éviter les trous d’eau ce que ne fit pas la jeune fille. Ils atteignirent la terre ferme et un chemin repéré la veille par Simon et se lancèrent au galop. Les branches d’arbres leur donnaient du souci, mais la pleine lune sans un seul nuage les aidait considérablement. Quand les feux de l’aube arrivèrent ils étaient déjà loin.

« Simon, je suis fourbue et le froid me glace les os, ne pourrions nous pas nous reposer? »  

« Si tu veux, je vais te réchauffer. »

« Je ne dis pas non. »

Quand elle fût entièrement nue il la frictionna vigoureusement, puis le contact devint de plus en plus doux, puis il l’embrassa avec fougue. Elle gémit.

« Viens, mais je te préviens si tu me prends je suis à toi  jusqu’à la mort. »

Ils firent longuement l’amour et s’endormir ivres de plaisir pendant quelques heures. Puis la jeune fille en se rhabillant constata que ses vêtements étaient secs.

« Où allons nous maintenant. » Dit Simon,

« A Marseille nous y serons dans moins d’un mois. »

En réalité le voyage dura deux ans, mais n’anticipons pas.

« J’ai peur qu’ils nous retrouvent Simon. »

« Ils ne savent où chercher, autant chercher un oeuf de poule dans un champ de seigle, mais soyons sur nos gardes. »

Ils se dirigèrent vers le Sud, en évitant les grandes routes et les voies romaines, autrement dit, ils empruntèrent des chemins où seul pouvait passer un cheval de front, tout en faisant maint détours, car les chemins n’étaient pas des flèches. Ils s’arrêtaient dans les petits villages, dormaient dans les maisons avec pour tout lit une gerbe de paille placée sur le sol en terre battue. Le soir ils chantaient pour gagner le gîte et le couvert car Simon n’avait pas beaucoup d’argent, à l’occasion ils aidaient au foin et à la moisson.  

Ils couchaient au milieu des poules entrant dans les chaumières libres comme l’air. Les villages étaient charmants avec leurs chaumières en pierres, ce qui était le matériau le plus facile d’accès dans cette région. Ils ne restaient qu’un ou deux jours dans chaque village ou hameau des hauts plateaux Limousin car ils se savaient recherchés. De temps à autre Simon laissait des messages pour le seigneur de Beaulieu, qui durablement installé dans le château de Treignac ne décollerait pas.

« Messire le Comte vos sergents sont encore rentrés bredouille. »

« Je possède peu de gens d’armes, car Dieu merci cela fait longtemps que nous n’avons pas de guerre, de plus ce ne sont ni des criminels ni des hérétiques, encore moins des féroces routiers, voila où vous mène votre entêtement, dès demain après matines nous ne ferons plus aucune recherches. Ils sont passés par Bonnefond, Jueta vous a laissé un message. »

 « je resterais avec Simon quoi que vous fassiez. »

Gui de Beaulieu déchira le méchant bout de parchemin avec rage.

Publié dans Recits

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