Récit de Bruce 8

Publié le par maybruce

 

Récit de Mary  1945:                                                                                                                                           

 Le nom hindou de Mary est Ananda, son nom autrefois dans une vie était Sita.

Bonjour, je n’ai pas l’habitude des contacts, aussi j’ai choisi un jour proche de la Toussaint, jour ou les mondes sont plus perméables.

Je me nommais Mary mon père était britannique et ma mère indienne. Moi-même j’ai épousé un britannique mort en 1942, son avion a été abattu dans la région du Mans.

La famille nous avait rejetés, les étrangers étaient pires que les intouchables pour les hindous de l’époque. Seul mon oncle mort en 1945 m’a ouvert sa maison (Roland) il était yogi dans la région de Bénarès. Il aimait aussi le bouddhisme car il trouvait que les pratiques hindoues manquaient de compassion. Nous y reviendrons plus tard. Mon oncle attendait l’éveil ou l’illumination, mais l’éveil ou l’illumination ne préviennent pas. Il vaut mieux l’attendre pour comprendre ce qui se passe et éviter ainsi l’asile. Mais l’éveil doit être spontané ou il n’est pas.

Nous étions en Décembre 1944, Bruce venait de perdre ses parents dans un attentat perpétré par les forces obscures. Il avait passé Noël chez Micheline et Gilbert, Micheline avait voulu faire un tour en traction. En voulant arrêter le contact, Micheline lui avait dit de descendre et de laisser la voiture telle quelle, bien lui en pris, quelques minutes plus tard la voiture cala, ensuite elle explosa, la bombe était déclenchée par l’ouverture du contact, puis par l’arrêt du moteur. 

Micheline était apeurée et dans l’embarras, sa vie était menacée si Bruce restait, il parti.

J’attendais donc Bruce à la gare de l’est. Il faut préciser que j’étais alors dans l’armée et ce qui était plus rare ce n’étais pas dans le service médical, mais dans l’intendance. Mon voyage avait deux buts voir mon oncle et présenter Bruce aux différents maîtres; des collègues en quelques sortes, mais plus expérimentés. Il faut préciser que j’avais fait le tri des maîtres ou soi disant tels.  Le fait que j’étais métis en avait dérangés plus d’un, mais pas Yogananda, ni Sri Aurobindo, ni Ma Ananda Moyi et je comptais bien sûr sur eux pour remettre Bruce dans la voie.

Bruce avait trouvé le « mot » dans sa poche "rendez-vous avec Mary, très brune à la peau mate, gare de l’est quai N°4",  j’étais très mal fagotée comme l’on dit en France, la jupe était trop courte, je portais des gros godillots, et un calot attaché au chignon par une épingle à nourrice. Bruce me remarqua très vite, enfin il remarqua mes jambes. Il était en profonde dépression, il souriait, mais il faut préciser que la dépression d’un grand initié se traduit par le désir de redevenir un homme ordinaire ou parfois de passer dans l’autre monde.

Je lisais Bruce comme dans un livre, en ce moment ce qu’il voulait c’était une femme qui avait les mêmes jambes que moi vivant dans une petite maison de l’Oregon avec un chien et une belle pelouse où il se retirerait comme garde forestier, ceci est évidemment du pain bénit pour les forces obscures, je devais le remettre dans sa mission.

«  J’enlèverais les chaussures dans l’avion, c’est promis. »

Il me regarda interloqué car lui n’arrivait pas à capter mes pensées, mais en l’occurrence ce n’était pas difficile de capter les siennes. 

Remarque de Catherine : Il faut dire que t’avais les jambes de Claudia Schiffer, mais toi tu avais plus de plomb dans la tête:

Continuons :

« Mais Bruce, je tiens à te signaler que j’ai l’âge d’être ta mère. »

« Comment cela, tu as à peine trente ans. »

« Non quarante deux, tu verras j’ai quelques cheveux blancs, quand je déferais mon chignon. »

« Dommage, mais tu me laissera regarder. »

Le pauvre était vraiment dans un état pitoyable, il n’avait rien de mieux à faire qu’à regarder les jambes des femmes. Il était vraiment ordinaire.

Remarque de Catherine : oui mais il avait bon goût

Et c’était une réaction totalement normale pour un homme ordinaire, de plus ses forces intérieures étaient aux abonnés absents, il se sentait abandonné avec raison..  

Nous allions prendre l’avion au Bourget, c’était un B.29 Américain, nous devions nous arrêter au Maroc, puis en Tanzanie, cet appareil transportait du matériel médical, nous étions les seuls passagers dans la soute, le voyage durait 24 heures sans compter les escales, deux jours au moins. La soute était éclairée d’une faible lampe, je me déchaussais et me plaçais en face de lui, les pieds placés sur une petite caisse.  

« Que vois-tu ? »

« Trente sept je t’ai d’ ailleurs apporté des chaussures découvertes. »

Il les sortit de son sac.

« Dit plutôt que tu les as achetées. »

« Non »

« Menteur, tu vas me faire croire, que tu as fait cela en les matérialisant. »

« Oui. »

« Tu me prends vraiment pour une bécasse, un trente sept est une pointure courante, supposons que je chausse du trente six il suffit alors de resserrer la bride, si par compte c’est du trente huit, cela dépasse un peu, mais à peine cela marche aussi pour les escarpins découverts. »

« Mais si je le jure. »

« Tiens, produit un billet de un dollar si tu le peux, ferme le poing et rouvre le, tu dois pouvoir puisque tu peux produire des chaussures. ».

Il essayait en vain, je riais sous cape devant son désappointement, à mon gaillard tu veux faire l’homme ordinaire et bien tu vas en goûter pensais-je.

« Que peux tu faire encore de miraculeux. »

« Et bien je peux te toucher avec les yeux. »

« Et bien essaye donc, fait moi des guilli guilli à un mètre. »

Je mis un bouclier énergétique, je ne sentais rien

« Alors cela viens ! » 

« Je ne comprends pas cela ne marche pas. »

« Oui d’autant plus que si tu m’avais atteinte j’aurais fait un saut de carpe, à l’évidence tu n’as aucun pouvoir, tu es un homme complètement et irrémédiablement ordinaire. »  

Il était totalement désemparé, mais ce jeu cruel était nécessaire.

« Tiens regarde si je ne peux pas t’atteindre. »

Il essaya à nouveau, je ne fis pas un saut de carpe, mais un saut de dauphin, et je riais comme je n’avais jamais rit encore. Non content de faire des guilli guilli sous les pieds, il les faisaient et ceci par la pensée sur l’aine, sous les aisselles, et même au creux du cou simultanément, c’était terrible, mais il avait gagné et même augmenté ses pouvoirs. Ce n’était pas un homme ordinaire car il s’arrêta au bout de quinze à vingt secondes seulement, un homme ordinaire en aurait profité après les humiliations que je lui aurais fait subir. Il aurait continué jusqu'à ce que je le supplie ou que je ne puisse pas respirer. Il faut dire que je ne l’avais pas volé.

« Si tu veux recommence donc. »

Il recommença mais pas comme je l’attendais, je sentis des caresses très douces aux chevilles, sur les joues et aux creux des mains. Un homme ordinaire aurait profité de ce pouvoir différemment.

« C’est pour adoucir ton chemin de croix Mary. » 

Il était trop fort, je pleurais de joie et de tristesse mêlée, j’avais réussi, enfin presque.

Je me rassit et posait mes pieds sur ma petite caisse.

« Vois maintenant. »

« Mais il n’y a pas beaucoup de lumière. »

« C’est bien pour voir, il s’agit de voir, pas de regarder. »

« Mais comment. »

« C’est simple, tu regardes le gros orteil droit avec l’œil  gauche et le gros orteil gauche avec l’œil droit. Tu regardes ainsi puis tes yeux changent d’orteil le droit avec le droit puis le gauche avec le gauche, puis tu croises à nouveau ton regard, puis enfin tu regardes le bout de ton nez. »

« Je vois des couleurs. »

« Tu peux voir aussi l’état des organes, de même l’état émotionnel. »

Puis nous continuâmes ainsi la pratique de voir. Je me mettait debout et mettait les paumes des mains face à lui et il croisait le regard. Il « voyait » assez facilement et c’était la première fois, il lisait en moi comme dans un livre ouvert, j’étais plus nue que nue.

« Mary, j’ai cru un instant que tu me faisais des misères, mais je sais maintenant que c’était par amour, moi aussi je t’aime bien Mary, tu es trop jeune pour être ma mère soit ma grande sœur si tu veux. »  

« Oui mille fois oui. »

« Tu as une belle aura  Mary, lumineuse et d’un beau jaune violet par endroits, les jambes sont très belles aussi. »

« Tu commences à percer le mur des apparences, tu retrouve ta voie. »

« Néanmoins douce Mary je vois quelques disfonctionnements dans ta force vitale, je vais soigner cela. »

« Avec plaisir. »

Une douce chaleur m’envahit quand il pointa le doigt, j’ai su qu’il avait soigné un début de ce qu’il est convenu d’appeler une grave maladie, un cancer du sein débutant.

Bruce sortit les chaussures de Mary de son sac et les mis délicatement à ses pieds.

« Tiens regardes, sur la semelle droite il est gravé en plus du 37 Mary et sur la gauche Ananda un pied indien et un pied anglais. »

« Mais tu ne connaissais pas mes noms »

« Je ne t’ai pas menti, autrefois tu te nommais Sita. »

« Si, pour le disfonctionnement, c’était un début de cancer provoqué par la mort de mon mari. »

« La boule va disparaître dans un mois, j’ai dissous la masse noirâtre dans ton Aura, j’ai remonté le temps et fais comme s’il elle n’avait jamais existé. »

Publié dans Le livre de Bruce

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