PETIT COEUR 1

Publié le par maybruce

RECIT DE ROSALLA PETIT COEUR

 

 

 

Par les cohortes infernales, que je sois transpercée par les cornes de Belzébuth, si je mens, que je sois piétinée par les cavaliers de l’apocalypse; et oui j’étais grosse et ceci en exactement neuf jours, grosse d’imagination me disait ma tante Guillemette, qui répond à toutes les questions et un peu de lait sortit de mes seins. 

Nous restions plantés dans un petit village car Jean tardait à revenir, les vivres manquaient. Nous mangions des corbeaux, des rats et de la folle-avoine pilée entre deux pierres, piètre nourriture pour un nourrisson qui se desséchait comme une morue étalée sur la plage.

Heureusement au bout de quatre jours nous avons vu Jean qui nous faisait signe de venir, mais il disparu quand nous venions vers lui. Encore un de ses ensorcellement, encore une de ses magies mais enfin il était vivant mais Guillemette en doutait. Nous le voyions tous les quart d’heure environ, enfin la valeur de cinq sabliers, il nous faisait signe d’avancer. Mon père adoptif Godefroy et moi étions surs de le revoir, Guillemette et Mateo étaient sur du contraire.   

Nous ne faisions pas de mauvaise rencontre car la route était sure, mais hélas nous suivions la route qu’avait empruntée l’horrible Imbert , nous rencontrions les cadavres des Languedociens qu’il avait horriblement tourmentés , ils étaient soit découpés en morceaux soit empalés ou crucifiés. A force de montrer le blanc de mes yeux (tourner de l’oeil) père Godefroy partait en avant puis me bandait les yeux en traversant les bourgades martyrisée.

« Quel petit coeur tu fais. » Me disait Godefroy.

C’est pour cela que depuis ce jour, je fus Rosalla Petit-coeur. Je me fis petit à petit à la mort de Jean, car il nous causait dans les rêves. Il disait, vous allez retrouver mon épée et vous allez la remettre à Castres à une personne qui vous la demandera en vous disant : «  Par la sainte trinité Vie, Lumière et Amour donnez moi l’épée de mon  frère. » elle sera blonde et se présentera comme frère Germain. Imagination ma fille me disait Godefroy qui ne croyait que ce que ses yeux lui montraient.

« Mais alors, mon père comment se fait-il que nous fassions tous trois le même rêve. »

« Tous les quatre. » Renchérit Mateo.

A Mateo, que Dieu me pardonne depuis plus d’une semaine depuis plus d’une semaine je lui servais des matines jusqu’à vêpres la soupe aux grimaceries et à la bouche close car il n’était pas venu à notre « mariage » avec le parfait Marti.

« Ma petite Rosalla il n’y a de mariage car les cathares sont contre le mariage. »

« Pour moi cela en est un et il vaut mieux être mariée plutôt deux fois qu’une. » Lui répondis-je.

Enfin nous étions fâchés, enfin j’étais fâchée. 

« Sale petite drôlesse, âne bâté vas-tu me parler à la fin. »

« Non pas jusqu’au prochain mariage. »

« Ta tête est aussi dure que les cornes de Satan. »

Je reprenais mes bouderies de plus belle.

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