NAUFRAGE 3

Publié le par maybruce

 

L’amour chinois ne marchait pas fort, je me demandais à quoi cela rimait à rester sans bouger surtout depuis que mon grand benêt avait prétendu que j’avais les hanches les plus lestes de la Province. Enfin nous passions un compromis une fois Chinois, une fois normalement, il était content quand même car la princesse Mongole qui avait été son amante durant dix ans ne voulait pas en entendre parler. C’était une pratique de longue vie disait-il. Les journées étaient bien remplies, écritures, promenades, j’avais une douleur persistante au pouce. Un jour je rêvais que Jean allait revenir dans quelques années dans le foyer d’une de mes filles, mais le temps passait, la fabrique de poissons pereclitait un peu, le roi de France avait effectué sa dernière croisade et il en était mort, les Templiers rentraient de terre Sainte, les cathares passaient en Lombardie. Mais l’inquisition veillait,  Raimon avait fabriqué des sortes de projectiles. C’était une sorte de « feu grégeois » en plus performant en fait, il servait de savoir si la voix était libre pour le passage des cathares en Lombardie.

Gulietta avait maintenant plus de quarante ans, sa soeur  Sylvia un peu moins, je pensais que la prédiction de Jean était fausse quand Gulietta eu un troisième enfant elle l’appela Jehan. J’étais chargé par lui avant qu’il ne revienne de stimuler sa mémoire quand il aurait l’âge de dix ans.

Encore dix ans Sergio me disait que c’était fort possible car je n’étais pas courbé et que j’avais peu de cheveux blancs. Mais hélas Sergio ne dépassa l’âge de soixante quinze ans usé par ses voyages enfin il aurait fait l’amour chinois jusqu’au bout.

Je décidais alors de vivre en recluse pour poursuivre mes études. Je parlais au petit Jehan de la vie de Jean le Templier, il s’amusait à reconnaître les lieux ou Jean était passé avant que je ne lui en parle. En 1290 nous partîmes en Languedoc mais je voyageais en litière car j’avais dépassé les quatre vingt ans, ce fût mon dernier voyage, cinquante ans après je revis Montségur, Castres, Toulouse tous ces pays au main du roi de France. Gulietta et son mari de troubadour m’accompagnaient et ils chantaient. Curieusement Gulietta prétendait elle aussi reconnaître les lieux enfin quand ceux-ci n’avaient pas changé, elle fit une description complète de toutes les pièces de la résidence des anciens Comtes de Toulouse. Quant à Jehan il retrouva tout seul les lieux secrets de la fraternité. J’avais maintenant atteint le douzième échelon. Je vécu encore dix ans en recluse. Je mourut en 1299 a quatre vingt dix ans, un âge respectable surtout pour l’époque. Je vieillis vraiment après quatre vingt ans.               .           

Publié dans Recits

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