JEAN LE TEMPLIER 28

Publié le par maybruce

 Varouna lâcha la main de Jean et elle parla en latin.

« Il faut que tu te rendes à l’enseignement d’un maître Chinois mais reviens ce soir, nous tenterons quelques expériences mystiques »

Jean partit à regret tandis que la « belle voyageuse des étoiles » souriait ironiquement.

La petite salle souterraine était déjà pleine quand Jean entra, Maître Aziz assit en tailleur l’attendait.

« Nous allons commencer. »

Le chinois nommé ou plutôt surnommé Dong Jui Fa entra et commença à parler. Mais personne n’y comprenait rien, les traducteurs y perdaient leur latin ou leur arabe à moins que ce ne soit leur sanscrit . Un quart d’heure plus tard Jean somnolait, Maitre Aziz était plongé dans une profonde méditation  et déjà plusieurs adeptes dormaient et les maîtres méditaient. Jean fût pris de l’ envie irrésistible de retrouver la  belle Varouna, c’est cela Shamballa pensa-t-il ?

Quand soudain la porte s’ouvrit laissant passer une douzaine de Mongols armés jusqu’aux dents.

« C’est incroyable" pensa Jean "comment ont-ils fait pour trouver le chemin de Shamballa ? »

Il commença à dégainer son épée mais Maitre Aziz l’arrêta d’un geste .

« Laisse, Dong peut fort bien se défendre seul. »

C’est incroyable pensa Jean, où sommes nous en sécurité.

Des flèches partirent en direction de Dong mais elles se brisaient à une vingtaine de centimètres de lui sans l’atteindre comme si elles s’écrasaient contre un mur.

Puis les mongols se précipitaient vers lui, Dong restait immobile en fermant les yeux, les épées, les lances se cassaient en heurtant le mur d’énergie. Il ouvrit les yeux et leva le bras gauche, immédiatement les Mongols tombèrent à terre comme poussé par un tigre, puis il leva l’autre bras, les six adeptes allèrent ramasser les armes et amenérent les mongols hors de la pièce.

Dong comme lisant ses pensées parla d’une voix forte complètement différente de celles précédemment.

« Je sais que certains croient qu’il s’agit d’un drame rituel ou qu’il s’agit d’une démonstration mais il n’en ait rien, les mongols qui nous  attaquèrent  sur le chemin devinrent mes prisonniers, trompés par les allégations  d’un de nos adeptes déclarant qu’il suffisait de me tuer pour retrouver la liberté c’est ce qu’ils firent sans succès. Je le répète, ils avaient réellement l’intention de me tuer, et c’est moi qui a organisé cela, certes avec la complicité d’un de mes adepte. Ils seront libres ce soir, mes adeptes les amèneront loin d’ici en leur bandant les yeux comme pour l’aller, ne craignez rien, le secret de Shamballa est protégé, il est même  entouré d’un mur de QI, certes moins puissant que celui qui m’entoure, mais suffisant pour éloigner ceux qui sont ravagés par les mauvaises pensées. »

Puis il se tourne vers Jean.

« Toi, tu n’es toujours pas convaincu je le sais, approche et tends moi ton épée. »

Il leva l’épée de Jean au ciel, elle scintilla de mille feux.

« Cette épée est très vieille, faite d’un métal incorruptible complètement inconnu, il faudra encore un millénaire pour pouvoir faire cette substance, cette épée appartenait à un prêtre vivant dans une île, s’appelait l’Atlandite, les chinois dans leurs légendes l’ appelaient Iles des Immortels.

Cette arme a déjà tué ce qui dommageable car elle ne servait que pour les initiations et les cérémonies, maintenant ce n’est qu’une arme la meilleure epée qu’il existe. »

« Elle est du même métal qu’Excalibur l’épée du roi Arthur. » Ajouta Aziz à l’oreille de son voisin.

« Maître Aziz, je ne connais pas Excalibur"dit Dong "ni les chevaliers de la table ronde vous me conterez cela un jour prochain. »

« Je n’y manquerai pas Maitre Dong »

Puis Dong se tourna vers Jean

« Montre ce que peut faire ton épée. »

Il ramassa une épée mongol encore intacte puis il tendit le bras.

« Va coupe cette arme en deux »

Ce que Jean fit sans difficulté.

« Vous voyez rien ne résiste à cette arme ni bouclier ni armure pas même la pierre, sa seule limite réside dans la force de celui qui l’utilise, va maintenant frappe sur moi. »

Jean obéit, mais frappa d’entrée à dix centimètres de Maître Dong n’étant pas sur que le mur de Qi soit si imperméable, Maître Dong  était peu être un peu fanfaron. Mais il n’avait pas menti. L’épée ne se brisa pas comme les autres mais se mit à trembler si fort que Jean fût obligé de la lacher.

« Alors, maintenant es-tu convaincu, si tu avais eu la haine la réaction en retour aurait été bien plus forte. »

« Mais comment cela est-il possible ? »

« C’est très simple" dit Maître Dong "Et quand je dis c’est très simple, j’en vois qui se disent … Avec ces Maîtres tout est toujours simple, mais personne n’arrive à faire ce qu’ils font » puis il rajouta.

« Qui puis-je si les grandes vérités sont simples, c’est ainsi. Donc pour créer un mur de Qi impénétrable il suffit de ne faire qu’un avec l’univers, ne faire qu’un avec le Taî Chi, le grand faite, je suis la flèche, donc la flèche ne peut pas m’atteindre, je suis l’épée donc l’épée ne peut pas m’atteindre, je suis le mongol donc le mongol ne peut rien contre moi, mais l’univers n’a pas de haine donc la haine se retourne contre l’agresseur au moindre sentiment, au moindre ressentiment contre le Mongol je suis vulnérable. A un niveau moins avancé de la boxe chinoise, il est possible de se construire une « chemise de fer » avec le Qi mais elle est à même le corps et moins efficace que le mur."

« C’est bien beau de dire cela mais comment faire, comment pouvons nous faire pauvres adeptes que nous sommes. » c’est ce que pensait Jean.

« Et bien il faut effectuer un pas chaque jour à chaque fois que vous désirerez quelque chose et il suffit de dire : Que la force de l’univers soit en moi et les choses viendront plus facilement à vous. Comment cela se fait-il, les choses visibles peuvent être comparées à une pierre, votre appel à l’univers peut être comparé à une goutte d’eau et la force de l’univers à la mer, la goutte d’eau sans cesse renouvelée va créer un sillon de plus en plus grand jusqu'à  ce que l’eau vienne à vous au lieu d’éclater dans toutes les directions, une fois que vous avez commencé cela se poursuivra de vie en vie jusqu'à ce que vous ne fassiez plus qu'un avec l’univers »

Maître Dong continua.

« Je sais qu’il y a des Maîtres dans cette salle des disciples et des adeptes, vous pouvez utiliser cette arme, vous pouvez utiliser les outils qui vous seront délivrés durant votre séjour à Shamballa. »

« Mais Maître Dong comment un maitre peut-il jouer un rôle qui n’est pas le sien » 

Maître Dong fronça les sourcils jetant à Jean un regard qui semblait rougeoyer malgré ses yeux  noirs.

« A ces adeptes des temps modernes, il faut s’attendre à tout, et bien si tu fais allusion  à la première partie de mon enseignement, il était destiné à endormir votre vigilance, c’est vrai que j’ai menti aux mongols mais ils seront libres ce soir, le statut de maître oblige à mentir sans cesse, il faut même dissimiler nos yeux derrière une capuche car tous les maîtres ont un regard beaucoup plus perçant que le commun des mortels. Souvent nous sommes obligés de jouer le rôle de celui qui ne sait rien faire, sans cela nous serions assailli de demandes de qui veulent être soignés, de ceux qui veulent sortir de la misère. Nous agissons constamment mais nous changeons de place souvent. Nous sommes obligés de rester dans l’ombre et le mensonge est alors un paravent. Jésus vous le dira, il n'a pas menti mais sa carrière publique a été courte. En Chine je peux être acupuncteur mais en occident je ne durerais pas un an si je disais ce que je pensais de l’Eglise, allez au bûcher."

Pour vivre heureux et pour semer le bonheur il faut rester caché comme la fleur de pissenlit dans la prairie. Maître Dong dessinait des fleurs de pissenlit s’envolant au gré du vent.

Publié dans Recits

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