BEZIERS 3

Publié le par maybruce

 

Godefroy s’éloigna dans les ruelles, déjà le massacre commençait. Adelaïde et Bertrand ainsi que les trois enfants n’avaient pas eu le temps de fuir, ils étaient morts. Juetta tremblait dans la cave, Rosalla comme si elle était consciente du drame ne criait  pas, heureusement. Après les cris des habitants égorgés, les cris des soldats il n’y eu plus rien, le pillage commençait. Juetta soufflait soulagée. Mais la paix ne dura pas longtemps. Godefroy  décida de ne pas participer au massacre contraire aux lois de la chevalerie et d’attendre que cela se passe caché dans la cave. Juetta poussa un cri.

« Je vous en pries, ne nous tuez pas, nous avons un peu d’argent" Elle répéta son message dans les deux langues, la langue d’Oc et en langue d’oïl . 

« Noble dame, je n’ai pas l’intention de vous tuer, rien ne prouve que vous êtes une hérétique. »

« je ne le suis pas, monseigneur. » Dit Juetta qui regarda Simon d’un oeil impérieux, il est capable de dire que j’en suis une pensa-t-elle.

«  Et bien rajouta-t-elle si les soldats viennent dans la pièce du haut, dites qu’il n’y a personne, en attendant pouvez vous nous aider à trouver le passage secret. »

« Que ferez-vous quand vous serez de l’autre coté des remparts, il y a une énorme armée que la ville ne peux contenir.  »      

« Je n’ai pas encore réfléchi. »

« Et  bien je vous accompagne, je dirais que je suis votre mari, quant à Simon sera notre chapelain. »

Simon allait protester moi me déguiser en ecclésiastique, mais le regard de Juetta le cloua sur place.

«  Mais ne pourrions pas passer par la ville ? » Suggéra Simon .

« Non le spectacle est bien trop triste pour votre femme, des ruisseaux de sang inondent la ville, et il nous faudra enjamber des tas de cadavres, par moment il faudrait passer sur quatre ou cinq pieds de haut, ils ont même tué le curé autant de morts que des années et des années de croisades, des dizaines de milliers probablement, c’est une très vilaine guerre, je vais vous aider à franchir les lignes puis je reviendrais retrouver mes troupes. » 

« Mais ne craignez-vous pas d’être pris pour un traite ou un félon par votre seigneur. »

« Traite et félon pour qui, je ne suis pas triste à mon serment de chevalier et c’est cela qui importe, le chevalier protège le faible, j’ai occis cinq écuyers et trois sergents en pénétrant dans la ville, mais il n’est pas question pour moi de toucher à des hommes sans armes, des hommes d’église et encore moins des femmes et des enfants,  mais cherchons le passage ne doit pas se trouver très loin. »  

Godefroy  déplaça une barrique vide, dessous se trouvait une trappe en bois.

« C’est ici, je vais chercher une chandelle et des braises dans le potager."

Ils entrèrent dans le souterrain, Juetta donna le sein pour que Rosalla ne dise rien, à une cinquantaine de mètres ils trouvèrent  des flaques d’eau, le vieux souterrain passait sous des douves. Ils arrivèrent devant une porte en bois, et ne savait pas ce qui se trouvait derrière, c’était une vieille maison. La porte était verrouillée.    

« Qu’allons nous faire? »

« Et bien, nous allons la franchir. » dit Godefroy j’ai une épée.

« Mais s'il y a des troupes de l’autre côté. »

« Nous verrons" dit Godefroy  qui frappa d’estoc dans la vieille porte en bois.

La porte débouchait dans une maison, personne en vue, en franchissant la porte extérieure un peu plus loin des soldats se réchauffaient en faisant cuire une marmite de soupe sur le feu. Godefroy s’avança sans crainte.

« N’auriez vous pas vu des Angevins, j’ai perdu mon suzerain. »

« A les Angevins, c’est par ici, il montra une direction, mais que faites vous vous avez amené votre famille. »

« C’est ma femme et ma fille ainsi que mon chapelain. » Dit Godefroy.

« N’êtes vous pas fou messire Chevalier, votre famille n’était-elle pas en sécurité dans votre manoir. »

Godefroy se lança dans une explication un peu extravagante ou il était question d’un amoureux jaloux ce qui expliquait qu’il ne pouvait laisser sa femme.

« Que Dieu vous garde, les temps sont durs. »

Ils marchèrent une partie de la nuit, en franchissant les lignes, puis les laissant se reposer dans un petit bosquet, Godefroy parti.

« Restez sur vos gardes, il y a des bandes peu recommandable". Puis il leur donna une miche de pain qu’il sortit de son baluchon.

« Voila, les villages d’alentours doivent être déserts, ou allez-vous ? »

« A Carcassonne. » Dit Simon.

« Pas de chance, nous y allons aussi dans un ou deux jours, ne vous laissez pas enfermer une nouvelle fois. »

Publié dans Recits

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