BEZIERS 2

Publié le par maybruce

 

Ils partirent avec trois chevaux, deux pour eux et un pour les bagages, Juetta portait Rosalla derrière son dos enveloppée dans un châle, la petite pleurait car il faisait très chaud. A l’étape du soir l’aubergiste leur parla de l’armée immense constituée pour envahir le sud, et chacun se préparait à fuir.

« On raconte que l’armée est déjà à Montpellier. »

« Mais comment allons nous faire pour aller à Marseille? » S’interrogea Juetta

« Partez à Beziers et prenez un bateau, vous en trouverez sûrement."

Mais l’armée avançait vite, très vite car elle ne rencontrait pas de résistance, elle partait assiéger le plus vite possible la première ville albigeoise la plus révoltée Béziers. Simon connaissait l’adresse d’un croyant et il espérait se faire héberger pour la nuit, ils se nommaient Bertrand et Adelaïde est ils étaient cathares.

Ils franchirent la grande porte, au loin l’horizon était noir de soldats dont les côtes de mailles étincelaient au soleil couchant.

« Vous êtes ici au moins pour un mois. »

« Mais ne vont-ils pas envahir la ville ? » Dit Simon

« Que non les murailles sont solides et les troupes de Raimon-Roger Trancavel sont bien entraînées, de plus les croisés ne sont pas motivés et ils n’ont l’obligation que de combattre durant quarante jours, ils vont lever le siège dans moins d’un mois, songez qu’il y a même le Comte de Toulouse. »

« Ce sont des mauvaises langues qui vous ont raconté cela. » Dit Juetta très choquée.

« Non pas, mais il ne va pas participer, lui et ses toulousains sont uniquement  ici pour protéger le Comté de Toulouse, rendez vous compte ce serait de la plus basse vilenie si les autres s’attaquaient à une terre dans laquelle le propriétaire portait les croix. »

C’est pour cela qu’il était si pressé de nous voir partir songea Juetta, il n’était pas très fier, il aurait du venir aider son neveu Roger-Raimon.

« Le comte a raison dit Simon comme pour lui répondre, il veut protéger les cathares. »

Mais le siège dura moins de deux jours, à la suite d’une incroyable maladresse, les croisés prirent la vile dès le lendemain, c’était à l’époque une des plus grande ville de l’Occitane. Les soldats envahirent la ville.

 « Réfugiez vous dans la cave, nous allons vous rejoindre dit Adelaïde, au fond de la cave se trouve un passage souterrain. »

la maison était une vieille tour obscure de forme rectangulaire datant de cent cinquante ans environ. A quelques dizaines de mètres de là le chevalier Godefroy de Cee fût l’un des premier à entrer dans la cité aprés les routiers sanguinaires, il combattait la garnison complètement désorganisée, puis il se tourna vers son seigneur.

«  la ville est prise que faisons-nous ? »

« Nous tuons les hérétiques. »

« Mais comment les reconnaître, cela n’est pas marqué sur leur front. »

« Tuons tous les habitants, tel est l’ordre de l’évêque, ainsi nous tuerons  forcement les hérétiques. »

« Mais c’est absurde. »

« Ce sont les ordres. »

Publié dans Recits

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