Jean le Templier 17

Publié le par maybruce


Ils partirent dès le lendemain, le voyage se poursuivit sans encombre à travers le Tibet, les relations commerciales étaient nombreuses, Amiray le seul hindou de la bande ouvrait les portes par sa seule présence. 

« Je ne comprends pas Maitre dit Jean votre bourse semble inépuisable et de plus vous avez toujours la monnaie en cours des différentes régions traversées. »

« Et bien, je soigne à mes moments perdus, les gens donnent ce qu'ils veulent. »

« Mais ils donnent des fromages de Yack ou du lait de jument la plupart du temps ou bien de la bouillie. »

« La Tsampa, Jean. »

« Vous avez un mystère ? » 

« Qui n'en n'a pas. »

Le voyage se passa sans encombre jusqu'à ce qu'ils rejoignent la plaine. »

« Nous allons traverser le territoire d'une tribu mongole évitée par la plupart des caravanes, ils n'aiment pas les étrangers, nous devons être très discrets nous devrions même entourer les sabots des chevaux de chiffons. »

« Je ne comprends pas ? dit Amiray je croyais que nous étions invisibles ? »

« Sans doute Amiray mais ceci nous dispense pas d'être entendu, et une fois qu'ils entendent ils voient, le son marche avec l'image. »

« Non, j'ai confiance en nos pouvoirs et n'avons-nous pas une épée magique. »

« Elle ne peut rien contre les flèches et les mongols chevauchent mieux qu'ils ne marchent. »

« Ne soyez pas peureux Maitre. » Dit Amiray

« Je ne suis pas peureux, mais cela ne veut pas dire sans conscience. »

Ils traversèrent depuis deux jours le territoire de la tribu, Amiray chantait.

« Amiray  arrête de chanter, nous sommes toujours en danger. »

« N'ayez crainte Maitre. »

« Si il faut craindre, au galop une cinquantaine de cavaliers à l'ouest. » Dit Jean

« Mais je ne chantais pas fort. » Dit Amiray

« Tais-toi et galope nous sommes dans un beau pétrin. »

En effet, au loin d'autres cavaliers arrivaient au loin barrant la route.

« Battons-nous. » Dit Amiray.

« Tu ne changeras pas dit Aziz, toute résistance est inutile nous sommes leurs esclaves. »

« Que vont-ils faire de nous ? » dit Amiray.

« Et bien Aïcha sera sûrement destinée à devenir la femme d'un chef, pour nous ils nous garderons jusqu'à ce qu'ils trouvent à nous vendre ou bien à nous échanger. »

« Que pouvons nous faire ? »

« C'est toi qui décidera. »

« S'agit-il d'une initiation ? »

« Il se peut Jean, mais ce sont ceux d'en haut qui décident. »

Tout se passa comme Aziz  l'avait prédit, le fils du chef fit comprendre par une série de gestes explicites qu'il  voulait Aïcha, qui elle ne voulait pas, elle le gifla quant-il voulu s'approcher, elle essaya de leur faire comprendre qu'elle était la femme de Jean. Le fils du chef furieux fit signe à quatre guerriers qui s'emparèrent d'elle

« Que vont-il faire ? »

« La faire plier. »

« Je ne veux pas qu'ils lui fasse de mal. »

«  Mais tu ne peux rien seul, sert toi de ce que tu as appris. »

Les guerriers allongèrent Aïcha face contre terre, déchirèrent sa robe dans le bas du dos et la relevèrent sur les cuisses. 

« Je ne veux pas qu'ils la violent. »

« Non, ils ne le feront pas, elle appartient au fils du chef, elle va subir l'épreuve du serpent. »

«  De quoi s'agit-il ? »   

« Et bien elle est allongée à plat ventre, le chamane va lui mettre un serpent sur les reins, les guerriers vont lui frapper les mollets avec de petits bâtons, cela ne fait pas mal au début ou presque pas, ils ne frappent pas fort , puis cela devient de  plus en plus intolérable surtout quand au bout d'une demi- heure ils mettent du piment. »

« Mais ce sont des barbares. » Dit Jean.

« Peut-être moins que les francs, dans une semaine elle n'aura aucune séquelle, dans les prairies la vie est plus précieuse qu'en occident, les mongols ne sont véritablement sanguinaires que quand ils partent de leur prairie. »

« C'est vous qui le dites, mais si le serpent la mord. »

« Il s'agit d'une grosse couleuvre, elle ne risque rien de ce point de vue, ils ne veulent ni la tuer ni trop l'abîmer. »   

« J'admire votre sérénité dit Jean mais nous ne sommes pas à la place d'Aicha. »   

« Elle a beaucoup plus de ressources que tu ne crois. »

Aziz ferma les yeux et fit signe à Jean et à Amiray de ne pas le déranger.

Le chamane était impressionnant le visage teint en noir il sortit la couleuvre d'une boite en osier, il la balança devant les yeux d'Aïcha en poussant des cris puis il frôla plusieurs fois la peau du dos d'Aïcha avec la queue du reptile, par gestes il lui fit comprendre qu'elle devait accepter, puis il mima la morsure et la mort horrible qui suivrait. Aïcha ne cilla pas quand il posa le serpent sur son dos, ensuite le chamane lui montra les baguettes, il portait d'épais gants en cuir.

« Impressionnant » Dit Amiray

« Tais-toi » dit Jean.

Aïcha poussa un sifflement suraigu, le reptile s'enfuit et les guerriers autour aussi, le chamane essaya de le rattraper mais il se contorsionna quand il approchait. Le chamane expliqua qu'elle était comme lui, c'est-à-dire une chamane et qu'il fallait la laisser libre.

Publié dans Recits

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