Catherine 4

Publié le par maybruce

Catherine aimait la France, elle avait grandi et repris huit kilos, elle aimait beaucoup les Corbières ainsi que les sites Cathares, sa maladie avait presque disparue, mais elle appréhendait le retour.

« Je ne veux pas retrouver papa. » Dit-elle à Henri

« Nous allons nous cacher ma petite. »

« Il faudra échapper aux anges gardiens » C’est ainsi qu’ils surnommaient les hommes des services secrets Guatémaltèques.

« Mais s’ils nous rattrapent. »

« Ils ne peuvent nous enlever, ils doivent d’abord prévenir les autorités Françaises incident diplomatique oblige, et puis j’ai laissé les papiers dans le coffre à n’ouvrir qu’en cas d’accident suspect. J'ai un vieux camarade d’école qui dirige une communauté de hippies en Ariège, ils ne pourront pas nous trouver dans ce lieu. »’

Anne-Marie riait.

« Ah! je t’imagine en chemise à fleurs et des cheveux longs en train de fumer du cannabis. »

En effet, Henri faisait très jeune cadre dynamique

« Oui je laisse pousser ma barbe et mes cheveux dès aujourd’hui et nous partons en voyage, j’ai démissionné et vendu la maison, puis nous nous installerons dans la communauté dans quelques mois sûrement au début de 1968. »

LA COMMUNAUTE

Six mois passèrent et le temps de fuir était venu, Catherine ne voulait à aucun prix retourner au Guatemala. Le trio sans faire de bruit, avec la complicité d’un ami partirent en peine nuit. Ils partirent à pied et empruntèrent la voiture située à quelques centaines de mètres, la route de campagne était déserte, pas de phares à l’horizon, tout allait bien. Ils roulèrent une partie de la nuit en direction de l’Ariège et débarquèrent dans une communauté sans avoir prévenu quiconque. L’ami d’Henri prénommé Charles se montra surpris.  

« Quoi, toi dans une communauté, laisse moi rire. »

« Non je suis converti, la société de consommation m’exaspère maintenant. »

« Dis donc, j’espère que tu n’as tué personne, je ne savais pas que tu avais une fille, j’espère que tu ne l’as pas enlevée. »

« Si. »

Ils racontèrent l’histoire de Catherine

« Oui excellent, restez ici le temps qu’il faudra pour éviter les suppôts de l’impérialisme américain, nous n’aimons pas les dictateurs ici, si tu veux j’ai la collection complète des oeuvres du président Mao. »

« Un dictateur lui aussi. » Dit Henri.

La vive discussion dura une partie de la nuit et il devenait clair que la cachette devenait de plus en plus provisoire au fur et à mesure que le temps passait.

« Non, il n’est pas question de garder des révisionnistes dans la communauté. »

« Mais c’est la fille d’un commandant des escadrons de la mort. »

« Bon une semaine, pas plus. »

Une semaine plus tard, ils partirent pour un autre endroit où se pratiquait aussi la vie en groupe, il s’agissait d’une communauté Hippie. Henri devenait de plus en plus méconnaissable avec ses cheveux longs et sa barbe. Ils se sentaient bien, mais la sécurité était-elle assurée?  De plus en plus souvent on apercevait des gendarmes espionnant à la jumelle. Henri savait également que le commandant Ruiz avait averti les services secrets et que la photo de Catherine était parue dans le journal local. Catherine heureusement ne ressemblait plus guère à la photo, en ce moi de Juillet 1967 elle avait énormément changé par rapport à l’année dernière. Sa taille frôlait un mètre soixante soit dix centimètres de plus que l’an dernier, elle avait aussi beaucoup grossi, c’était une belle jeune fille que les adolescents de la ferme collective courtisaient. 

Henri était perplexe, les gendarmes espionnaient à cause des plantations de chanvre indien, en tout cas ils partirent à regret pour Paris. Catherine n’était pas contente car elle avait laissé son amoureux Luc et se promettait de revenir bien vite. Ils allaient s’écrire car la communauté ne possédait qu’un téléphone et de plus il était écouté.

Publié dans Recits

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