Récit N°18

Publié le par maybruce

 

EPILOGUE

 

« Quoi dit Juanita tu ne m’avais jamais parlé de cette mine d’or. »’

« Et bien je t’en parles maintenant je l’ai découverte en jouant au pendule il y a vingt ans de cela. »

« Et tu n’as rien fait tu ne l’a pas exploitée. »

« Non car telle n’étais pas ma mission, je prends quelques kilogrammes d’or en cas de besoin. »

« Mais je ne comprends pas pourquoi tu n’as jamais songé à acheter une villa ou une hacienda ou bien encore un saloon, un hôtel et pourquoi pas un hôpital. »

« Non ma mission n’était pas d’acheter. »

« Et si quelqu’un s’emparait de ta mine, tu aurais bonne mine. » Elle ne remarqua même pas le jeu de mots involontaire. 

« Elle est protégée, et invisible aux yeux des hommes je t’expliquerais comment plus tard. Je ne l’ai pas exploitée car l’exploitation de l’or dans l’ouest et le sud américain n’a amené que ruines et désolations, surtout pour les indiens, plus tard dans beaucoup d’années cette mine sera la propriété des Hopis, elle ne sera découverte que quand elle aura un rôle plus positif que négatif. »

« Mais tu es sûr que nous ne pourrions pas prendre une Hacienda, une toute petite. »

« Je te signale que nous sommes ou plutôt que je suis recherché au Nouveau Mexique et au Mexique, et que je suis plus que jamais condamné à voyager sans trêve. »

« Juanita rêvait d’enfants, elle rêvait d’un foyer elle se renfrogna et se mit à bouder. »

« Tiens tu sais ce que nous allons faire, un grand voyage en Europe ou je me consacrerai beaucoup à toi, nous pourrions aller en France en Espagne en Italie pourquoi pas. »

Le visage de Juanita s’illumina dans un vaste sourire. 

Ils partirent dès le lendemain, ce fût la fête, Juanita mit une belle robe orangée se terminant au milieu des mollets, ils amenèrent très peu de bagages. Ils visitèrent la Lombardie, le Milanais dans ces pays recouvrant il y a longtemps le nom d’Italie en référence à l’école Italique du célèbre Pythagore, puis la guerre vint, elle avait pour but de reconstituer justement l’Italie, comme autrefois. Ils allèrent en France, Juanita était contente. Riberio faisait le tour des guérisseurs, il fréquentait également les groupes occultes et ésotériques très nombreux dans cette deuxième moitié du XIX éme siècle, il était surnommé le Mexicain, puis de nouveau la guerre de 1970 les rattrapa. Ils partirent  pour l’Espagne puis reprirent le chemin du retour. Aux Etats Unis le changement était grand depuis leur départ. Ils s’installèrent encore au Nouveau Mexique où les autorités ne les reconnaissaient plus, leur surnom était « Les français. »   

Les années passèrent, Juanita possédait une petite maison, avec le sol en terre battue, son seul luxe consistait en une cuisinière en fonte dernier modèle, elle enrageait et s’ennuyait car Riberio partait de longues semaines pour poursuivre sa mission, parfois il faisait même des séjours en prison, toujours pour la même cause à savoir son engagement envers les indiens, il s’évadait car il savait se rendre invisible quand il le voulait. Il ne changeait pas à proprement parler la structure de son corps, mais il créait autour de lui, une sorte de mur énergétique, les autres personnes le voyait mais ne le percevait pas, les sensations ne dépassaient pas le début des nerfs optiques.

Juanita était passionnée par ses études de «  femme médecine. » Mais elle regrettait le peu de présence de Riberio. Un jour celui-ci rentra à la maison.

« J’ai besoin de ton aide, le pauvre Ernesto, je n’arrive pas à le soigner. Voici deux ans qu’il a perdu sa femme et il n’a plus le goût de vivre, il est tellement enfermé dans ses malheurs qu’il a formé comme un mur autour de lui. Il n’y a que la présence physique d’une femme qui peut l’atteindre. »

Quand Juanita pénétra dans la maison elle poussa un cri d’exclamation, le pauvre Ernesto était tout maigre, il ne mangeait presque pas, et buvait beaucoup de tequila la maison était semblable à une soue à cochons, Juanita se jeta avec ardeur sur l’ouvrage .Elle mit de l’ordre, le força à manger et lui parla. Ernesto reprenait des forces, un jour que Riberio revenait de ses longues périgrinations Juanita dit.

« Il va de mieux en mieux, mais il devient de plus en plus pressant, il reprend de plus en plus de force, ma présence ne devient plus indispensable. »

« Mais si tu ne viens plus il va sombrer à nouveau. »

 « Qu’elle est la solution, je ne vais pas me dérober et le faire languir continuellement, il lui faut une femme pour que sa guérison soit complète, je peut essayer de lui en trouver une, je vais faire le tour des veuves.  »

« Fais ce qu’il te plaira. »

« Mais tu n’est même pas jaloux, cela veut dire que tu ne tiens pas à moi. »

Riberio voulut ouvrir la bouche, il attendait la réponse de l’âme ou de la force, pour ne pas commettre d’impair mais celle-ci tardait à venir.

« Comment veux-tu que je sois jaloux quand je suis au loin, suis je jaloux du vin que tu bois, des cigares que fumes, du lit sur laquelle tu t’étires la matin, pourquoi serais jaloux de ton plaisir quand je ne suis pas là pour le partager. »

« Serais tu jaloux si j’étais avec un autre quand tu reviens. »

« Evidemment. »

« J’aime mieux cela. »

Juanita, par désoeuvrement et par pitié devint l’amante d’Ernesto dans les jours qui suivirent quand Riberio partit encore de nouveau. Il n’y eut aucune rumeur, ni aucune médisances dans la communauté des indiens Hopis, car Riberio et Juanita étaient considérés comme un couple de chamans qui ne sont pas forcément mari et femme ou amant amante. Cinq ans passèrent Juanita eut trois enfants, Pablo, Roberto et Martine prénom qu’elle donna  en souvenir de la petite Annamite. Ils correspondaient régulièrement avec Clara qui s’était mariée avec un occultiste malgré la présence de Clémentine la fille d’Emmanuel. A chaque retour de Riberio, Juanita retournait dans ses bras ce qui rendait jaloux Ernesto, Juanita menaçait alors de le quitter et il ne disait plus rien. A ses yeux les rares rencontres avec Riberio avaient une dimension extraordinaire, elle ne savait plus où elle était, qui elle était après de longues étreintes dites tantriques.
Mais la vie est constituée d’ordinaire et d’extraordinaire.   

Les années s’ajoutaient aux années, Riberio était vieux maintenant, les enfants étaient partis du foyer. Ernesto était mort d’une chute de cheval car il avait trop abusé de tequila.

Juanita devint grand-mère, en Europe la guerre sévissait, Riberio était très vieux, il avait atteint l’âge respectable de cent trois ans, il n’en paraissait que soixante dix il se tenait encore droit en traversant le village où il croisait des automobiles. Il restait six heures par jour en méditation à aider par l’intermédiaire du « monde psychique. ».
Les habitants du village l’appelaient « l’immortel ». Durant sa longue vie plusieurs millions d’indiens avaient disparus et il n’en restait plus que cinq cent  mille pour tout le territoire des U.S.A. Il espérait la renaissance rapide du peuple indien dans un centaine d’année et il savait qu’il serait pour eux un guide pour quelques vies encore.

La philosophie chinoise apprend que l’homme possède trois sortes d’énergies en premier lieu : L'énergie de la naissance, l’énergie du ciel et l’énergie de la terre. L’énergie de la naissance est comme un réservoir alimenté par les deux autres sortes d’énergie qui sont à l’échelle humaine, infinies. Riberio savait merveilleusement capter l’énergie du ciel et l’énergie de la terre mais il ne pouvait empêcher le réservoir de devenir de plus en plus petit car c’était le lot de tous les hommes. Un jour la force vitale innée se trouva épuisée et son coeur cessa de battre.

A l’Hacienda, Isabel qui ne pouvait plus avoir d’enfants en eu quand même deux de Ricardo, elle appela le premier Manuel en souvenir d’Emmanuel et la deuxième Maria. Ricardo intéressé depuis longtemps par le travail du fer avait fait installer une forge et un appareil de soudure ce qui n’était pas courant à cette époque, l’hacienda revivait alors ils firent un grand voyage et visitèrent l’exposition universelle de 1889. A cette occasion Ricardo rencontra Gustave Effeil . Ils vieillirent et les enfants partirent. Ricardo seulement intéressé par le côté matériel de la vie devint un vieillard acariâtre, tandis qu’Isabel devenait de plus en plus sereine, ils moururent un peu après le début du siècle d’une attaque pour Ricardo qui s’était mis à boire et de vieillesse pour Isabelle au cours de l’année 1914.     

Juanita vécue très vieille. A plus de quatre vingt dix ans elle entrepris le voyage jusqu’à l’hacienda du nouveau monde qu’elle avait quittée depuis plus de soixante cinq ans, c’était en 1931 en pleine récéssion. Elle fût accueillie par Maria, la fille d’Isabel qui avait plus de cinquante ans à cette époque. Elle resta quelques semaines et ses forces l’abandonnèrent elle n’eut plus la force de repartir. Elle savait qu’elle rencontrerait Riberio dans deux vies et qu’elle serait alors sa fille. Sa mort fût très belle des entités se pressaient pour l’accueillir, elle retrouva Emmanuel, Riberio et Isabel.  

 

 

 

 

 

Publié dans Recits

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