Récit N°15

Publié le par maybruce

 

L’illumination
 

Le soir ils arrivèrent dans un petit village où les indiens Hopis vivaient et ceux-ci mirent deux petites maisons à la disposition des passagers. Juanita sourit à Riberio et l’invita à la suivre dans une des maisons, Juanita se déchaussa et s’allongea sur une natte et elle dit. »

« Je me demandais si tu allais comprendre. »

Riberio se mis à genoux au pied de la natte et à l’aide d’une calebasse d’eau entrepris de lui laver les pieds encore abîmés par l’escalade du couvent.

« Tiens tu fais comme le Christ, mais crois tu que lui aussi avait perdu ses pouvoirs et n’avait rien pressenti avant d’être pris pour être crucifié. »

« Je n’en sais rien, il savait sans doute que Judas allait le trahir mais ne savait pas quel sort l’attendait. »

« Toi non plus tu ne sais plus quel sort t’attends. »

« Jésus à dit un jour, il faut que je diminue pour qu’ils croissent, peut être que mes pouvoirs doivent diminuer pour que croissent les tiens. »

« Je préfère quand même un homme plutôt qu’un saint, un saint n’a pas le droit de faire ce que tu vas faire dans très peu de temps. »

« Je ne sais pas ce que je vais faire, je ne sais plus rien. »

Elle éclata de rire

« Que c’est drôle tu as même perdu ton intuition, gros bêta. » Elle riait de plus belle. 

 

« Je sais que ce n’est pas drôle, mais je ne peux plus m’arrêter c’est nerveux. »

Elle se déshabilla avec peine, tellement elle riait. Elle cessa au moment où leurs peaux nues entrèrent en contact, elle frissonna comme si elle avait reçue une décharge électrique.

« Oh!, oui, oui, j’ai follement envie. » Cria-t-elle.

Le lendemain le jour se leva. Juanita s’étirait comme un félin repu, elle était à la fois contente et comblée elle remarqua que la couche à côté d’elle était vide. Où était-il encore passé, il était parti au milieu de la nuit et il n’était pas encore revenu?. Non Riberio ne reviendrait pas c’est à dire qu’il reviendrait différent. Sous la lune à trois heures du matin il fût emporté par l’expérience. Il est bizarre cet homme pensa Juanita. Riberio entra.

« Alors comme cela, je suis bizarre. »

Elle s’apercevait qu’il lisait dans ses pensées comme dans un livre ouvert.

« Tes pouvoirs sont revenus. »

« Bien plus que cela, je ne serais jamais seul. »

« Ah bon. » Elle le regarda effarée il était comme éclairé par l’intérieur. Elle commençait à se demander si elle ne le préférait pas comme avant. 

« Nous allons de l’avant, ne regrette pas le passé. »

 « M’aimes tu encore. »

« Oui je t’aime comme tout l’univers. »

« Mais je ne suis pas tout l’univers. »

« Tu es ma parcelle d’univers préférée. »

Elle poussa un ouf de soulagement, il n’avait pas entièrement perdu la tête.

« Au fait Juanita c’est bien d’écouter Emmanuel c’est un métier qui existera plus tard, il s’appellera infirmière de l’âme ou un nom moins poétique. »

Le mot psychologue n’existait pas encore du moins dans cette partie du monde  et le mot psychanalyste existait encore moins. Il n’existait que «  Le médecin des fous » appelé plus tard un psychiatre.

Depuis quinze jours déjà, le trio était installé près d’Albuquerque au Nouveau Mexique dans le petit village des Hopis. Riberio avec l’aide de Juanita soignait avec encore plus de facilité qu'auparavant. Riberio était toujours content, mais la jalousie s’insinuait peu à peu dans l’esprit de Juanita. Elle n’était pas jalouse d’une femme se serait trop simple car elle avait une grande confiance dans sa féminité. Mais elle était jalouse de l’âme de Riberio qui passait au premier plan, avant sa personnalité, avant son ego. Il faut que je diminue pour qu’ils grandissent disait Jésus .Juanita disait « Il faut qu’il diminue pour qu’elle grandisse. Autrement dit cette partie que Riberio  montrait, cette partie mystérieuse qu’à défaut d’autre chose nous appellerons l’âme, cette âme riche d’expériences en contact avec le divin, quand cette âme passait au premier plan Riberio avait tout, il n’avait besoin de personne.      

Auparavant il avait besoin de Juanita pour être complet, il lui avait dit un jour « tu es ma moitié d’orange. » Mais depuis l’expérience elle se retrouvait en face d’un verger d’orangers.

Elle se morfondait, heureusement un jour il se décida pour effectuer un long voyage vers la Nouvelle Orléans en passant par Memphis. Elle savait que Riberio serait presque tout à elle. Elle s’imaginait descendant le Mississippi. Ce fût le jour du départ avec trois chevaux et deux mulets pour les bagages. Juanita passait beaucoup de temps à remonter le moral d’Emmanuel qui était décidé à devenir moine. 

« Mais enfin Emmanuel tu ne peux pas te faire moine par dépit, mais uniquement par vocation, tiens j’en connais un qui ferais bien moine lui qui est constamment en conversation avec son âme. »  

« Mais Riberio t’aime ne l’oublies pas. »

« Tu sais je suis son morceau d’univers préféré, mais où se finit l’univers et vois tu je ne peux rien faire, si j'étais en concurrence avec une belle jeune fille élancée et belle j’aurais des armes, j’aurais mon corps chaud, mes caresses, mon charme mais comment lutter avec une âme, comment faire comment lutter avec une ennemie invisible. »  

« Je ne sais pas disait Emmanuel."

« D’autant  plus comme il le dit que nos âmes sont en harmonie et comment faire pour lutter contre quelque chose avec laquelle nous sommes en harmonie. »

 

Publié dans Recits

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