Récit N°5

Publié le par maybruce

L’ENSEIGNEMENT DE RIBERIO

Dans la cuisine de « l’Hacienda du bout du monde » le dîner chauffait doucement sur la plaque de fonte de la cuisinière avec un petit chuintement. Dehors le soir tombait, ce soir était une soirée spéciale car avait lieu la réunion, c’est à dire la soirée ou Riberio répondait aux questions. La vieille Nora préparait la pâte nécessaire aux galettes de maïs. Juanita sifflotait et effectuait des pas de danse. Elle était transformée, son corps si raide la veille avait acquis une souplesse de graminée ondoyant au vent.

«  Te voila bien heureuse Juanita aurais-tu trouvé un homme qui t’aurais convenablement ramoné » Son expression était très imagée

« Tu l’as dis, tu n’imagines pas ce que je suis contente »

« A la bonne heure, je commençais à me faire du soucis pour toi, mais quel est l’heureux élu »

Nora, tenait dans sa main une carafe de vin de la Sierra Leone un rouge léger  

«  Et bien c’est Riberio »

Nora laissa échapper la carafe qui se brisa sur le pavé.

«  Mais ça alors, mais ça alors »

« Oui, je vais partir avec lui, il m’a même invité à la soirée »

« Peux-tu préparer une nouvelle carafe j’ai le souffle coupé »

« Oui bien sûr » dit Juanita

Décidément, je pensais avoir tout vu, tout entendu se dit la vieille Nora. Il n’y a pas une Hacienda pareille dans tout le Mexique. Un quart d’heure plus tard elle apporta les galettes et les haricots rouges dans la salle à manger à coté. Riberio, Bernardo, Emmanuel, Martine et Isabel se tenaient assis sans dire un mot, Juanita parut.

"Assieds-toi Juanita, nous t’attendions » Dit Riberio.

Ils se servirent en vin

« Bon avant de commencer une précision, Juanita est ma nouvelle compagne, des questions? »

On entendit un verre se briser, c’était celui d’Isabel 

«  Comme nous avons une nouvelle participante, je précise les règles du jeu. Chacun d’entre vous a le droit de poser trois questions auxquelles je réponds si je le peux. Les questions se classent en trois catégories, celles auxquelles je peux répondre, celles auxquelles je connais la réponse mais je ne peux pas la dire, et enfin les questions auxquelles je ne connais pas la réponse. Trois questions c’est un maximum mais il n’est nullement obligatoire d’en poser trois. En tant que nouvelle arrivante je propose que Juanita pose la première question. 

«  C’est une question un peu personnelle, je voudrais simplement savoir qui tu es? »

«  C’est une question dont je ne connaît qu’une partie de la réponse, car qui peut savoir qui il est dans toutes les facettes de sa personnalité, mais commençons; je suis né au début du siècle il y a cinquante deux ans.

Un nouveau verre se brisa c’était celui d’Emmanuel surpris car Riberio paraissait trente cinq ans tout au plus. 

«  Donc je suis né il y a cinquante deux ans dans l’état de la Floride. Mon père venait d’émigrer, mon grand père était Milanais, il était sûrement un des premier Milanais à émigrer en Amérique c’était pendant le révolution Française, il épousa une indienne de la tribu des Séminoles, les maîtres de la Floride à cette époque. Ma grand mère était une chamane et c’est elle qui m’a initié. Précisons que mon grand père était Franc Maçon » 

Ils se regardèrent

« Je vous expliquerais plus tard ce qu’est un franc-maçon, mon grand père maternel était chinois et c’était un initié taoïste, nous avons parlé du taoïsme il y a de cela trois semaines. Mes parents et moi avons vécu vingt années en Chine, puis nous sommes partis et nous restâmes cinq ans en Europe plus précisément en Italie, puis nous sommes partis pour le nouveau monde en Floride. Dans ma jeunesse j’ai eu pour compagne une Italienne, puis plus tard une indienne Hopi, elle aussi comme ma grand mère était chamane, l’histoire parfois se répète. Il y a deux ans ma compagne a été tuée par les Américains. Je suis alors venu au Mexique et j’ai rencontré ma nouvelle compagne Juanita  qui a une question ? "

"Moi" dit Bernardo visiblement agacé par la perte d’une partie de son service en cristal.

« Pourquoi enseignes-tu, autrement dit de quel droit, qui ou quoi te permet d’enseigner »

«  Ce n’est pas un droit, il n’existe pas en ésotérisme un diplôme d’enseignant, je dirais que c’est surtout une mission ou une  fonction. Prenons une hypothèse, nous dirons que nous vivons plus d’une vie, c’est ce que je crois personnellement. Pour imager notre propos, nous disons que la vie est une école et que chaque vie correspond à une classe, dans cette grande école de la vie nous trouvons des gens dans les classes maternelles, d’autres dans les classes élémentaires d’autres enfin à l’université. Plus le temps passe plus les vies s’ajoutent aux vies plus nous avançons dans les classes et la capacité de choisir ce que nous décidons d’étudier augmente. Par exemple dans les classes primaires les programmes sont les mêmes partout, dans la vie nous apprenons à élever des enfants, cultiver les champs, soigner les bêtes, c’est le lot du plus grand nombre. Puis une fois arrivé en faculté nous pouvons faire du droit, de la médecine, des sciences naturelles et bien d’autres choses encore. Nous choisissons notre programme, comme la  vieille âme choisit sa vie, c’est ce qui se nomme la mission, mais poursuivons notre analogie, en sortant de leurs études certains deviennent professeurs, d’autres deviennent médecins ainsi certains enseigneront la mystique, les juristes étudieront le droit, pour les grandes lois cosmiques ce sera un cabaliste par exemple, le médecin de l’université de la vie deviendra médecin c’est à dire guérisseur, voir un  médecin tout court. J’ai en ce moment une double mission, celle de soigner et celle d’enseigner, c’est pour cette raison que je suis ici présent parmi vous c’est pour cela que j’ai choisi sur un autre plan mes parents et mes grands -parents. Si l’acquisition de mes connaissances peut vous sembler rapide, ceci est dû à mes vies antérieures »

Publié dans Recits

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