Récit N°3

Publié le par maybruce

DUO SUR CANAPE

                                                    

Dans la cuisine de l’Hacienda du bout du monde, Juanita et la vieille indienne au nom imprononçable que tout le monde appelait « Nora », préparaient le petit déjeuner. Le soleil inondait la cuisine et les petits carreaux de couleurs se reflétaient sur le pavé. Aujourd’hui était un nouveau jour. Juanita la jeune indienne au visage rond, aux cheveux noirs corbeau , mais au visage sévère et serré préparait le café »

« Et dit donc Juanita il faudra monter le petit déjeuner chez M.Riberio »

« Mais je »

« Il n’y a pas de mais, il ne te mangera pas »

«  J’ai peur » répondit-elle  

« Il tient absolument à ce que ce soit toi qui monte la boisson, car il tient à faire ta connaissance »

« Mais pourquoi moi, je ne le connais pas »

« Oui mais lui t’a vu, en faisant sans doute quelques magies, il veut te voir ne le déçois pas » 

Juanita monta en tremblant les escaliers, elle avait bien du mal à tenir le plateau, la petite cuillère tintait contre le bord de la tasse. L’esprit de Juanita tournait à plein régime. Et s’il me jetait un sort ? S’il m’ensorcelait ou pire me transformait en esclave par le pouvoir de sa magie. Rassemblant tout son courage, bien décidée à redescendre les marches  elle arriva enfin devant la pièce. La porte s’ouvrit d’un coup.

« Entre Juanita, et ne crois  pas tout ce que tu as pu entendre sur moi »

Mais c’est impossible comment sait-il ce que je pense. La terre trembla, elle ouvrit la bouche comme une carpe gobant des lentilles d’eau. Tout tremblait autour d’elle, ses jambes faillirent la trahir. Un jeune homme la regardait, ses yeux brillaient comme des braises, bien qu’ils fussent noirs. Et ses yeux reflétaient une immense compassion. Son sourire avait la douceur d’une rivière de plaine. Sont teint était mat et ses cheveux noirs de jais.

« Je t’attendais Juanita, je t’en prie n’ai pas peur, je suppose que tu t’attendais à voir un vieux sorcier effrayant avec un grand nez crochu et que finalement tu es bien contente de voir un jeune homme »

Elle éclata de rire, soulagée

« Mais comment savez vous tout cela »

« Oui tu te demandes comment je lis dans les pensées et bien tout d’abord parce que tu le veux bien et deuxièmement parce que nous sommes en harmonie. Assis toi un peu, reste, je t’en prie, oh que tu as de belles jambes Juanita »

Elle rougit, elle s’assit sur le bord de la chaise. Riberio lui caressait le visage, une partie d’elle voulait partir, mais une autre partie plus forte la retenait. Riberio l’embrassa sur la joue, qu’elle douceur, elle entrouvrit ses lèvres malgré elle. Un frisson imprévu la parcourait des orteils à la racine des cheveux, ce fût lui qui pris l’initiative du baiser, et elle y pris un grand plaisir, elle agissait malgré elle.  

Non Juanita, je ne profite pas de mes pouvoirs, notre rencontre était programmée»

Ses mains doucement se faufilaient sous le chemisier bleu de Juanita

«  Je sais, tu as peur de ne rien ressentir, comme tous tes autres contacts physiques avec les hommes, mais cette fois tout se passera bien, tout se passera pour le mieux, fixe mon regard, perds toi en lui, jusqu’à ce que tu ne puisses plus le faire, jusqu’à ce que tes yeux se ferment d’eux mêmes, laisse filer tes pensées, laisse agir ton corps, tout se passera bien, nous avons tout notre temps, j’ai prévenu Nora la matinée est pour nous, rien que pour nous »

 Dans la chambre voisine, Isabel se réveillait, le prêtre Emmanuel était à côté d’elle. Elle se trouvait dans un état paradoxal, elle se sentait très détendue par sa nuit de plaisir et elle se sentait triste à la fois, comme si elle sentait qu’Emmanuel allait lui échapper. Et c’est ce qu’il allait faire bientôt. Elle se leva avec l’aisance d’un félin, elle était nue. Elle s’habillait avec grâce tout en fixant la chaise où le prêtre avait laissé ses habits.

« Ah, je ne comprends pas, pourquoi portes tu toujours ta soutane « 

« Question d’habitude, Isabel »

« L’habitude cela te perdra un jour »

« Quelque chose ne va pas, tu es bien morose, t’ai je fais quelque chose, ou dit quelque chose qui ne te plairais pas » 

Isabel était incapable de mentir

« Non, mais je suis très inquiète, de Monterrey montent des bruits et des rumeurs, et elles parlent de persécution envers les français et plus particulièrement les religieux, je pense que tu devrais t’habiller en mexicain, puis tu devrais parler le moins possible, vu ton espagnol, tu as un de ses accents»

«  Oh, je suis sur tu t'inquiètes pour rien comme d’habitude toujours aussi anxieuse »

« Non cette fois ci, mon inquiétude ne provient pas des récoltes, ou bien du cours du bétail, il faudra te cacher et Martine aussi (Le Wen, l’annamite baptisée Martine »

« Martine sans son habit de religieuse, mais tu n’y penses pas »

« Qu’en pense Bernardo »

«Il dit que c’est un pays de sauvages, toujours en guerre ou en révolution.Je suis sérieux Emmanuel « 

«  Viens faire un câlin, nous aviserons plus tard »

Elle répondit que le temps pressait. Elle partit chercher une cache pour ses invités Emmanuel et Martine en cette belle matinée de printemps. 
Juanita se réveillait quelques heures plus tard, elle se précipita hors du lit.

 

Publié dans Recits

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