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Samedi 22 décembre 2007

  L’encerclement 


Le soleil se levait, le ciel ressemblait à une immense orange plongée dans une compote de framboise. Les petits nuages de brumes s’attardaient comme des flocons de neige géants. La lumière filtrait à travers les vitraux des trois fenêtres de la cuisine de l’Hacienda du bout du monde, vitraux sont un bien grand mot pour designer les petits carreaux de couleurs des fenêtres, néanmoins le spectacle des différents carrés des fenêtres devenant des petits losanges sur le sol était merveilleux. Juanita se leva la première, elle appréciait cette heure, c’était comme le premier matin du monde. C’était sa recréation (re)création pourrait-on dire, car les choses comme les mots ont souvent un double sens, un côté pile et un côté face. Mais ce matin Juanita ne se sentait pas bien, elle aurait préféré rester au lit. Elle ne sentait pas ce jour nouveau, et elle avait raison.

 Au loin se découpant sur le ciel rougeoyant, un cavalier arrivait au galop. Il faisait penser à l’un des cavaliers de l’apocalypse, et c’était bien le cas. Sans ralentir le cavalier pénétra dans l’Hacienda en sautant la barrière de bois sans prendre le temps de l’ouvrir, puis il frappa à grands coups de poings sur la porte  
 « Mais que veux-tu » dit Juanita en ouvrant la porte d’un air courroucé. Elle venait de reconnaître Ricardo, un contremaître de l’Hacienda qui revenait de Monterrey où il avait effectué quelques courses.
 « Tu es rentré plus tôt que prévu. »
 « Tu sais Juanita, j’ai fais le tour des différentes auberges de la ville et les nouvelles ne sont pas bonnes, et puis je suis passé tout près d’ici a Nuevo-villa. 

«  Et alors Ricardo dit Juanita très impatiente

«  Et bien tout d’abord, les alentours grouillent de soldats, au Sud nous trouvons l’armée régulière, à l’est et à l’ouest nous trouvons les guérilleros de Juarez qui tentent d’effectuer une jonction. »
 

« Il reste le Nord. »
« Non le Nord aussi est fermé, profitant de l’aubaine se situent les apaches et les Navajos. »
«  En sommes nous au centre du cyclone, qu’allons nous devenir »

« Je me le demande dit Ricardo, les guérilleros recherchent, le prêtre Français pour le fusiller, et recherchent aussi une religieuse annamite pour la mettre en prison. »

« Mais il faut prévenir le Wen. La sœur Martine»

« Trop tard elle est enfermée dans la  mission catholique »

« Comment cela enfermée? » dit Juanita

« Elle est belle et bien enfermée dans sa cellule, mais je ne sais si cela est dans le but de la protéger, ou bien dans le but de la livrer aux guérilleros qui la connaissent. »

«  Bon je vais prévenir les autres, le temps presse, prends du café, ta tâche est terminée pour aujourd’hui. »

Ce fût le branle bas de combat dans l’Hacienda. Les occupants prestement tirés du lit parlaient tous en même temps, imaginant toutes les hypothèses, soupesant toutes les solutions. Au milieu de ce tumulte seul Riberio restait impassible, immobile, les yeux clos assis sur sa chaise.
 

« Mais enfin Riberio, crois-tu qu’il est temps de dormir, bouge toi dit Isabel. »

« Je consultais mon maître intérieur. »

« A bon et que dit-il, si bien sur je puis me permettre d’être indiscrète. » dit Isabel courroucée

« Et bien, dans un premier temps nous allons cacher Emmanuel dans ton ancienne maison au nord du domaine. »

« Riche idée mais que fais-tu des indiens. »
 

 

par maybruce publié dans : Recits
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Jeudi 13 décembre 2007

 L’enseignement de Riberio (Suite)

«  Bien dit Emmanuel comment prouver qu’elles existent ces vies antérieures, ou successives, ceci n’est pas enseigné par l’église. »

«  Je te répondrais par une autre question, qui te prouve que ce que te dis l’église est exact, les dogmes des différentes églises de par le monde sont différents, qui peut dire laquelle a raison? Les premiers chrétiens croyaient en la réincarnation. Mais je ne vais pas parler de croyances à mon avis il s’agit de considérer la doctrine de la réincarnation comme une hypothèse de vie, ou bien comme un pari, imitant en cela le pari du philosophe Pascal,
« je ne peux pas prouver que Dieu existe, mais s’il existe et que je ne  sois pas préparé, je serais bien embarrassé, alors il vaut mieux agir comme s'il existait » Ce ne sont pas les paroles exactes, mais la problématique énoncée avec des mots simples. Agir comme si la réincarnation existait, cela veut dire que nous devenons responsables de notre destin et de nos vies. Ce qui détermine la vie suivante c’est ce que nous faisons dans celle-ci. Continuons notre raisonnement, si les hommes sont responsables de leur destin devant Dieu ou envers le « Grand Esprit » il n’est nul besoin de dirigeants, nul besoin de directeurs de conscience, nul besoin de hiérarchie cléricale. C’est pour asseoir son pouvoir que l’église a abandonné la notion de réincarnation cela se passait cinq cents ans après jésus Christ environ »

« Mais pouvons nous dire que c’est bien l’âme qui se réincarne» dit Isabel.

« Comment définir l’âme, je pense que l’âme n’est pas immuable, l’âme serait la synthèse entre le ciel et la terre. De tout temps en tout lieu existe celui qui n’est pas né et qui ne meurt jamais ce que les indiens Nord Américains appellent le grand Esprit se dédoubla et cela donna la terre, ou plus exactement le corps de l’univers, que nous pouvons appeler 
«  le monde des formes » coexistant avec le monde sans forme ou « monde spirituel » ou encore monde des idées. Le contact entre les deux forces donna naissance à l’Ame Universelle, de l’Ame Universelle est né le monde, à chaque instant, à chaque minute, à chaque seconde. Puis des morceaux d’âme comme les ruisselets partant d’un lac, comme des étincelles partant d’un feu devinrent des « esprits », synthèse entre l’idée et la forme ce qui donna le « monde des images », c’est ce monde auquel accède le chamane. Les Esprits devinrent des hommes, d’autres s’occupèrent de la bonne marche de la nature, dans ce cas se sont les esprits du lieu, les esprits des plantes. Mais revenons à l’homme, celui-ci est de nature double : il est composé de sa forme et de sa personnalité et aussi d’une parcelle d’âme universelle qui ne lui appartient pas, car celle-ci est toujours reliée à sa source. Elle ne se réincarne pas elle existe à jamais et elle a toujours existé. Pour que cette étincelle divine devienne partie agissante et pensante elle a besoin de la personnalité. C’est cette dernière qui se réincarne et qui change de forme au cours des vies successives.

« C’est bien compliqué dit Martine la religieuse, chez nous au Vietnam certains disent que les esprits meurent aussi si nous cessons de penser à eux  ceci est appelé le culte des ancêtres »

«  les bouddhistes disent que l’âme n’existe pas étant donné que nous sommes différents d’un instant à l’autre; ils prétendent aussi qu’il n’y a pas de personne, mais ils admettent la continuité de la conscience et des souvenirs »

«  Quel bonne blague dit Bernardo et pourquoi ne nous souvenons nous de rien »

«  Mais sais tu que nous menons une double vie tous les jours et toutes les nuits, de combien de rêves nous souvenons nous d’infimes parcelles, oui toutes les nuits nous vivons autant d’événements en rêve qu’à l’état de veille sinon plus. Nous souvenons nous des rêves d’il y a un an, non sauf si nous avons tout noté. En fait le monde des rêves est le même que le monde des Esprits qui est encore appelé l’au delà. Il existe néanmoins une différence entre les rêves et l’état de mort, dans la mort nous pouvons diriger nos images, et ces images sont des souvenirs modelés d’après le monde matériel. La mort ressemble au sommeil, la naissance ressemble au réveil »  

«  Mais pouvons nous accéder à l’au delà autrement que par la mort ou le rêve  » dit Martine très intéressée

«  Oui par le départ volontaire du corps de rêve ou esprit encore appelé corps psychique ou corps astral. Les techniques de ce dédoublement apparent sont assez simples, mais comme pour le rêve, la réminiscence des choses vues et entendues est compliquée. Chaque nuit notre corps psychique part. Chez les indiens nous apprenons à diriger les rêves, ce qui implique que nous sachions que nous rêvons, mais le plus souvent ce dédoublement a lieu dans le monde des formes »

« D’autres questions »

Ils se regardèrent perplexes 

« Qui a une autre question?. »

«  Moi dit Emmanuel, Adam et Eve ont-ils existés? »

Riberio éclata de rire « je ne connais pas bien la bible, mais je pense qu’il s’agit de symboles, Adam représente sans doute la partie paternelle de la divinité Eve étant la partie maternelle et réceptive de Dieu. Nous voyons qu’Adam tire Eve d’une de ses côtes, il lui manque donc quelque chose, l’autre côte pour faire la paire. Si nous jetons une pierre dans l’eau sur un rayon d’un mètre nous aurons de petites vagues des petites rides sur l’eau. Il se peut que les rides soient en nombre pairs ou en nombre impairs, les nombres impairs sont la partie masculine de Dieu et les nombres pairs sa partie féminine. Les nombres pairs produisent la forme et les nombres impairs la pensée, la rencontre des deux donne la vie. Je ne sais pas si tu suis toujours »

«  Difficilement »dit Emmanuel

«  Bon, nous touchons ici aux mystères, je vous propose avant de vous endormir d’avoir sous les yeux l’image d’Adam et Eve, ainsi que l’image des pierres tombants dans l’eau. Il peut vous sembler difficile de faire la relation entre les deux, mais c’est votre âme qui vous donnera la réponse durant votre sommeil, elle qui ne connait jamais de repos. »

 

par maybruce publié dans : Recits
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Jeudi 6 décembre 2007

L’ENSEIGNEMENT DE RIBERIO

Dans la cuisine de « l’Hacienda du bout du monde » le dîner chauffait doucement sur la plaque de fonte de la cuisinière avec un petit chuintement. Dehors le soir tombait, ce soir était une soirée spéciale car avait lieu la réunion, c’est à dire la soirée ou Riberio répondait aux questions. La vieille Nora préparait la pâte nécessaire aux galettes de maïs. Juanita sifflotait et effectuait des pas de danse. Elle était transformée, son corps si raide la veille avait acquis une souplesse de graminée ondoyant au vent.

«  Te voila bien heureuse Juanita aurais-tu trouvé un homme qui t’aurais convenablement ramoné » Son expression était très imagée

« Tu l’as dis, tu n’imagines pas ce que je suis contente »

« A la bonne heure, je commençais à me faire du soucis pour toi, mais quel est l’heureux élu »

Nora, tenait dans sa main une carafe de vin de la Sierra Leone un rouge léger  

«  Et bien c’est Riberio »

Nora laissa échapper la carafe qui se brisa sur le pavé.

«  Mais ça alors, mais ça alors »

« Oui, je vais partir avec lui, il m’a même invité à la soirée »

« Peux-tu préparer une nouvelle carafe j’ai le souffle coupé »

« Oui bien sûr » dit Juanita

Décidément, je pensais avoir tout vu, tout entendu se dit la vieille Nora. Il n’y a pas une Hacienda pareille dans tout le Mexique. Un quart d’heure plus tard elle apporta les galettes et les haricots rouges dans la salle à manger à coté. Riberio, Bernardo, Emmanuel, Martine et Isabel se tenaient assis sans dire un mot, Juanita parut.

"Assieds-toi Juanita, nous t’attendions » Dit Riberio.

Ils se servirent en vin

« Bon avant de commencer une précision, Juanita est ma nouvelle compagne, des questions? »

On entendit un verre se briser, c’était celui d’Isabel 

«  Comme nous avons une nouvelle participante, je précise les règles du jeu. Chacun d’entre vous a le droit de poser trois questions auxquelles je réponds si je le peux. Les questions se classent en trois catégories, celles auxquelles je peux répondre, celles auxquelles je connais la réponse mais je ne peux pas la dire, et enfin les questions auxquelles je ne connais pas la réponse. Trois questions c’est un maximum mais il n’est nullement obligatoire d’en poser trois. En tant que nouvelle arrivante je propose que Juanita pose la première question. 

«  C’est une question un peu personnelle, je voudrais simplement savoir qui tu es? »

«  C’est une question dont je ne connaît qu’une partie de la réponse, car qui peut savoir qui il est dans toutes les facettes de sa personnalité, mais commençons; je suis né au début du siècle il y a cinquante deux ans.

Un nouveau verre se brisa c’était celui d’Emmanuel surpris car Riberio paraissait trente cinq ans tout au plus. 

«  Donc je suis né il y a cinquante deux ans dans l’état de la Floride. Mon père venait d’émigrer, mon grand père était Milanais, il était sûrement un des premier Milanais à émigrer en Amérique c’était pendant le révolution Française, il épousa une indienne de la tribu des Séminoles, les maîtres de la Floride à cette époque. Ma grand mère était une chamane et c’est elle qui m’a initié. Précisons que mon grand père était Franc Maçon » 

Ils se regardèrent

« Je vous expliquerais plus tard ce qu’est un franc-maçon, mon grand père maternel était chinois et c’était un initié taoïste, nous avons parlé du taoïsme il y a de cela trois semaines. Mes parents et moi avons vécu vingt années en Chine, puis nous sommes partis et nous restâmes cinq ans en Europe plus précisément en Italie, puis nous sommes partis pour le nouveau monde en Floride. Dans ma jeunesse j’ai eu pour compagne une Italienne, puis plus tard une indienne Hopi, elle aussi comme ma grand mère était chamane, l’histoire parfois se répète. Il y a deux ans ma compagne a été tuée par les Américains. Je suis alors venu au Mexique et j’ai rencontré ma nouvelle compagne Juanita  qui a une question ? "

"Moi" dit Bernardo visiblement agacé par la perte d’une partie de son service en cristal.

« Pourquoi enseignes-tu, autrement dit de quel droit, qui ou quoi te permet d’enseigner »

«  Ce n’est pas un droit, il n’existe pas en ésotérisme un diplôme d’enseignant, je dirais que c’est surtout une mission ou une  fonction. Prenons une hypothèse, nous dirons que nous vivons plus d’une vie, c’est ce que je crois personnellement. Pour imager notre propos, nous disons que la vie est une école et que chaque vie correspond à une classe, dans cette grande école de la vie nous trouvons des gens dans les classes maternelles, d’autres dans les classes élémentaires d’autres enfin à l’université. Plus le temps passe plus les vies s’ajoutent aux vies plus nous avançons dans les classes et la capacité de choisir ce que nous décidons d’étudier augmente. Par exemple dans les classes primaires les programmes sont les mêmes partout, dans la vie nous apprenons à élever des enfants, cultiver les champs, soigner les bêtes, c’est le lot du plus grand nombre. Puis une fois arrivé en faculté nous pouvons faire du droit, de la médecine, des sciences naturelles et bien d’autres choses encore. Nous choisissons notre programme, comme la  vieille âme choisit sa vie, c’est ce qui se nomme la mission, mais poursuivons notre analogie, en sortant de leurs études certains deviennent professeurs, d’autres deviennent médecins ainsi certains enseigneront la mystique, les juristes étudieront le droit, pour les grandes lois cosmiques ce sera un cabaliste par exemple, le médecin de l’université de la vie deviendra médecin c’est à dire guérisseur, voir un  médecin tout court. J’ai en ce moment une double mission, celle de soigner et celle d’enseigner, c’est pour cette raison que je suis ici présent parmi vous c’est pour cela que j’ai choisi sur un autre plan mes parents et mes grands -parents. Si l’acquisition de mes connaissances peut vous sembler rapide, ceci est dû à mes vies antérieures »

par maybruce publié dans : Recits
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Vendredi 30 novembre 2007

 Juanita
 « Mais il faut que j’aille aider à la cuisine, oh là là plus de onze heures » dit-elle en regardant la montre gousset en argent de Riberio.
l
« Reste encore quelques instants, il me reste à te poser une question »

« J’espère que répondre ne prendra pas trop de temps »

« Non, il te suffira d’un mot, veux tu devenir ma compagne? »

Elle dit oui sans réfléchir, puis elle se mit à sauter de joie.

« Oui, oui, oui »
« Ta joie fait plaisir à voir, sais tu que tu as de l’énergie à revendre »

«  Tu sais, je m’étais fais une promesse, je me marierais, ou du moins je suivrais au bout du monde celui qui serait capable de me donner du plaisir, je m’étais fais une raison, je croyais que je finirais vieille fille "

« Je n’en suis pas le seul responsable, tu t’es donnée le droit au plaisir »

« Ne sois pas modeste, non seulement il y a le plaisir des sens, mais aussi quelque chose de plus profond, je ne sais comment le nommer, quelque chose de plus durable, je ne sais la joie, le bonheur, c’est un jour à marquer d’une pierre blanche un jour pas comme les autres, j’ai de la chance, quelle chance j’ai »

« Tu as été chercher ta chance, elle est même très souvent inscrite à l’avance, mais nous allons avoir du travail, nous serons de grands guérisseurs avec nos énergies conjuguées 

«  Toi tu l’es déjà, un grand guérisseur »

« Non disons que je suis utilisé par l’énergie universelle, l’énergie qui guérit, mais souvent je soigne le physique et pas le moral, ou bien je soigne le moral mais pas le physique, je soigne le moral et le physique mais pas le spirituel, aussi spectaculaires que puisse être les guérisons, elles ne sont pas durables, quand je suis dans l’action la réceptivité ne suit pas et inversement, nous deux nous serons complet, comme deux moitié d’orange

« Nous allons être riches alors »

« Oh que tu es drôle Juanita » Son sourire était à la fois tendre et moqueur, il l’attira vers lui avec infiniment de tendresse

«  Je ne t’offre pas une vie facile, crois tu que nous allons avoir pignon sur rue, non nous resterons dans l’ombre, le travail sera ingrat, car plus nous réussirons plus cela déclenchera la jalousie, mais nous serons deux, nos âmes sont reliées et de plus nous resterons en harmonie »

« Oh oui nous sommes en harmonie »

« Plus que tu ne l’imagines, ce n’est pas seulement dans un lit, mais en tous lieux et en toutes circonstances »  

«  Nous nous connaissons à peine, et je ne m’imagine plus vivre sans toi »

« Il en sera fait ainsi ma moitié »

« Que nous sommes bien dans cette hacienda »

« Certes ma moitié, mais le monde bouge autour de nous, des bouleversements probables nous attendent, je poursuivrais mon enseignement durant un temps, et nous serons obligés de partir » 

« Ah quel pays, toujours des bouleversements »

« Dis donc tu ne serais pas cousine avec Bernardo, tu sais lui aussi déteste le Mexique »

« Je suis Indienne et Mexicaine à la fois, tu parles d’un cadeau »

« Tu l’as choisi »

« Pourquoi, il n’y a pas de souvenir de ce choix, es-tu sûr de ce que tu dis »

« Oui ma petite mésange amoureuse »

« Heureusement que tu es là, ah je vis, ou plutôt je revis pleinement »

« Et tu en auras besoin de vivre pleinement, entre les sentiments anti-Français, les sentiments anti-religieux, le contentieux avec les américains, puis les vagabondages des tribus Apaches et Navajos qui pillent les villages et les haciendas, la situation n’est pas simple. Mais je ne fais pas l’oiseau de mauvaise augure, c’est épuisant d’être Mexicain »

Isabel rentrait doucement, son cheval était au pas. Elle savait ou plutôt elle sentait que sa vie encore une fois allait changer. Elle savait que le petit groupe d’adeptes allait éclater.
Qu’Emmanuel allait partir, que Riberio ne serait plus là. Sa tristesse lui collait à la peau comme le ferait un brouillard tenace sur l’écorce d’un arbre, elle entrait dans le brouillard et ne savait pas ce qui se trouvait après.

 

 

par maybruce publié dans : Recits
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Mardi 20 novembre 2007



1)      Il n’y avait pas l’être, il n’y avait pas le non être en ce temps.

  2)      Il n’y avait ni l’espace, ni le firmament au-delà

3)      Quel était le contenu ? Ou était-ce; sous la garde de qui ?. 

4)     
Y avait-il de l’eau profonde, de l’eau sans fond.

 Cette première strophe pose les mêmes questions que dans d’autres philosophies, il est aisé de reconnaître les mêmes interrogations que celles des kabbalistes par exemple, car avant la création  il y avait le sans fin ( Aîn soph), le sans fond étant donné que le temps et l’espace sont liés, nous trouvons également les mêmes interrogations dans la philosophie chinoise ou l’on parle du « sans forme »

  1)      Ni la mort, ni la non-mort n’étaient en ce temps.
 
2)      Point de signe distinguant la nuit du jour.

3)     
L’Un respirait sans souffle mû de soi-même.

4)     
Rien d’autre n’existait par ailleurs.

Seul était l’Un sans partage, l’unique n’avait pas de jour ni de nuit, car la nuit est différente du jour, qui dit nuit pense également au noir, aux ténèbres et le jour avec la lumière. L’Un existait par lui-même sans aucun libre-arbitre, c'est-à-dire que le souffle se faisait sans effort ni pensées, cela respirait mais cela n’était pas perceptible, il n’y avait ni chaleur ni densité ou plutôt ni densité ni chaleur, seul le souffle, l’air primordial était là, il était appelé le Verbe  ou  puissance d’après une tradition occidentale.   

 1)      A l’origine les ténèbres couvraient les ténèbres.

2)     
Tout ce qu’on voit n’était qu’onde indistincte.

3)     
Enfermé dans le vide, le devenant.

4)     
L’Un prit alors naissance, ce par le pouvoir de la chaleur. 

 L’onde indistincte est appelée dans d’autres traditions la vibration primordiale ou la mère de toutes les vibrations, l’Alpha des grecs, ou l’Aleph des hébreux, le Devenant est ce qui va arriver c’est l’idée du grand Architecte qui va être couchée sur le papier et être construite un jour, pour l’instant ce n’est qu’une idée , c’est un plan futur.

 1)      D’abord se développe le Désir,

2)     
Qui fît le premier germe de la Pensée.

3)     
Cherchant avec réflexion en leurs âmes,

4)     
Les Sages trouvèrent dans le non-Etre le lien avec l’Etre.

 Le Désir engendre la Pensée et la pensée engendre l’Action. C’est le triangle primordial, c’est la racine du libre-arbitre fondamental, les Sages par la suite voulurent se relier avec l’Etre primordial et pour cela essayèrent d’ôter le désir de leur cœur pour ne faire qu’un avec l’Unique. C'est-à-dire qu’en abandonnant le désir ils abandonnèrent l’action , cette notion se retrouve abondamment dans la Bagavad Gita venue après les védas puis remise en pratique dans le bouddhisme par la suite.

 1)      Leur cordeau était tendu en diagonale :

2)     
Quel était le dessus, quel était le dessous ?.

3)     
Il y eut des porteurs de semence, il y eut des énergies féminines.

4)     
En bas était l’instinct, en haut le Don.

 Ce passage est très important car de là découle la création, le cordeau tendu en diagonale est imagé par la notion taoïste du Yin et du Yang , le Yin étant l’instinct  et le Yang le Don car il faut des deux pour faire un monde . Nous avons ici la dualité primordiale qui est représentée par les deux colonnes du temple de Salomon Jakin et Boaz  nous trouvons aussi le cordeau dans la lettre Aleph     א           

La branche du haut représentant la branche masculine

La branche du bas représentant la branche féminine. 

Nous pouvons donc dire que ce passage des védas fait parti pleinement de la tradition primordiale.

 1)      Qui sait en vérité qui pourrait l’annoncer ici :

2)     
D’où est issue, d’où vient cette création ?
 

3)     
Les dieux sont en deçà de cet acte créateur :

4)     
Qui sait d’où il émane ?.

 Ce texte nous indique que nous ne pouvons comprendre complètement  Dieu. En vérité de cette création  nous ne pouvons connaître que les effets, ses manifestations et non la cause primordiale, mais c’est déjà un travail énorme qui va nous occuper de nombreuses vies que de connaître les manifestations visibles et invisibles. Il en découle de cela que toutes les religions croyant dire la vérité sont dans le mensonge.

 1)      Cette création d’où elle émane,

2)     
Si elle a été fabriquée ou si elle ne l’a pas été,
 

3)     
Celui qui veille sur elle au plus haut du ciel,

4)     
Le sait sans doute : ou bien ne le sait-il pas ?

 Cette strophe indique d’abord que la création est émanée mais que le créateur ne sait pas forcément ce qu’est cette création, cela rejoint aussi les conceptions suivant lesquelles la matière se complexifie au cours de l’évolution et que la conscience est de plus en plus consciente d’elle-même. Dieu à défaut d’autres mots devient-il conscient de lui-même qu’à travers sa création ?c’est une question.

Pour répondre à la question de B l’homme peut se reconnaître sûrement à travers les hommes mais pas seulement. Il y a aussi des êtres sur d’autres plans. Cette dernière strophe de « l’unité »  pose également la question de savoir si la création a été fabriquée suivant un plan pré établi  ou bien mis en branle par le désir ou bien elle s’est débrouillée d’elle-même, autrement dit les plans étaient-ils précis ou bien très schématiques. Autrement dit l’Architecte s’est-il contenté de dessiner le plan général de la cuisine ou a-t-il été jusqu'à dessiner les brûleurs de la cuisinière. Cette strophe nous indique qu’il y a une force qui veille sur la création.

 

 

 
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par maybruce publié dans : l'adepte
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