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Jeudi 10 janvier 2008


L'encerclement  (suite)

« C’est l’heure, en route pour l’aventure. »

Juanita confectionna un mannequin avec les deux robes de religieuse et avec les polochons.

«  Ainsi nous gagnerons un peu de temps, mais nous serons loin quand se lèvera le jour. » ¨Puis elle ajouta 

« Mets la chemise et le pantalon, déchausse toi, tes chaussures font un bruit de sabots de cheval, fais un noeud avec les deux lacets et passe le autour de ton cou. »

Elles traversèrent la cour, sur la pointe des pieds, elles se déplaçaient sans un seul bruit, elles évitaient les zones de lumière que donnait la lune montante. Elles furent bientôt au pied du mur. Juanita lança la corde comme un lasso en vain, les pierres ne dépassaient pas suffisamment du mur.

« Rien à faire. »

« Tant pis, retournons à la cellule, nous n’y arriverons pas. »

Juanita entreprit l’escalade en s’aidant de ses orteils et des phalanges de ses doigts, elle tomba deux fois sans se faire mal. Les vieux murs possèdent de nombreuses aspérités mais elle ne voyait rien. Martine remarqua qu’elle marmonnait tout en escaladant le mur.

« Oui j’ai compris à droite. »

« Ah oui ici il n’y a plus de mortier, vivement que cela se termine, j’ai mal aux pieds. »

Elle arriva en haut du mur qui faisait plus de cinquante centimètres de large. Une pierre allongée dépassait, elle accrocha la corde puis elle la lança à Martine qui monta très rapidement en servant très peu de la dite corde.

«  Dis donc, tu aurais pu passer la première, comment fais-tu, au fait as-tu mal aux pieds. » 

« Non. »

« Mais comment as-tu fait pour aller directement au bon endroit. »

« J’ai observé ce que tu faisais, ce n’est pas trop compliqué, mais au fait à qui parlais-tu je n’ai pourtant remarqué personne. »

« Je parlais à Riberio, il s’était dédoublé. »

« Ah je vois, t’a t-il dit où nous allons maintenant. »

« Oui au rendez-vous, nous nous retrouverons à six heures du matin. »

« Mais cela ne semblera pas suspect qu’il parte seul. »

« Non il prétextera une messe à faire dans les environs. »

« Comment appelles-tu Emmanuel, ou plutôt son double. »

« En bien je ferme les yeux et je visualise son visage, c’est le seul moyen. »

« Et cela marche. »

« Une fois sur deux environ. »

« Enfin vous ne pouvez imaginer ce que je suis contente d’être de ce côté du mur. »

« Ne vas-tu pas regretter ton habit de religieuse. »

« Non, car je voulais être religieuse mais non prisonnière, cela je ne le supporte pas, de plus il y a beaucoup de religieuse qui sont enfermées ici sans véritable vocation et cela est très négatif, et cela entrave la spiritualité, la force spirituelle serait  de beaucoup supérieure avec trois fois moins de soeurs très motivées, elles sont frustrées et aigries, hors ce type d’expérience ne peux se faire sans danger sans une véritable spiritualité. »

« Et toi avais-tu la vocation. »

« Peut-être que non, enfin je l’ai perdue depuis que j’ai découvert l’ambiance délétère et surtout depuis que j’ai rencontré Emmanuel. »

« Tu as... »

« Non je n’ai pas couché si c’est cela que tu veux dire, j’ai respecté mes voeux et encore plus Isabel, mais le fait d'être enfermée je considère que le contrat est rompu. »

« Ma soeur tu as tourné une page. »

« Je n’apprécies pas cette plaisanterie ne m’appelles plus ma soeur. »

« Oh! ne sois pas si susceptible ce que je voulais dire c’est que tu es ma soeur de coeur si tu le veux bien. »

Elle se radoucit.

« Si je le veux, tu le sais je t’adore et je serais très triste de te quitter car nous devons fuir c'est ce que tu m’as expliqué tout à l’heure dans la cellule. »

Elle marchèrent bras dessus bras dessous en plaisantant, elles manquèrent plusieurs fois de tomber à terre elles se relevèrent en riant, elles suivaient le sentier  au Nord de Nueva-Villa, le jour doucement se levait, au bout du sentier Riberio les attendait tenant par la bride trois chevaux.    

« Vite partons à l’Hacienda. » Dit-il

 

par maybruce publié dans : Recits
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Mercredi 2 janvier 2008

L'encerclement

« Cela fait des années qu’ils voient cette maison abandonnée, ils ne penseront pas à venir. »

« Et s'ils viennent quand même. »

« Emmanuel sera déguisé en mexicain et il jouera le rôle d’idiot du village, de toute façon ce sera facile, de la façon dont il parle Espagnol. »

« Et puis deuxièmement que faisons-nous à supposer que la première partie du plan ne soit pas une catastrophe. »

« Deuxièmement nous allons sortir Martine de sa cellule, nous rejoignons Emmanuel, et troisièmement nous partirons aux Etats Unis, puis ils partiront pour la France. »

« C’est si loin la France. » Isabel pâlit autant que le permettait sa peau mât et halée puis elle s’évanouit. Elle venait de tourner une page de sa vie. Riberio avait raison, si Emmanuel ne fuyait pas elle le perdrait à jamais, s'il fuyait elle le perdrait pour toujours mais dans cette deuxième hypothèse il resterait vivant.

Ils passèrent la matinée à mettre au point le plan de Riberio, celui-ci avec Juanita prirent en main les opérations, vers midi ils prirent la direction de Nuevo-Villa où se situait la mission catholique. Riberio était perché sur un mulet. Il portait une soutane empruntée à Emmanuel qui n’en avait plus besoin, à côté du mulet une petite religieuse vêtue de noir cheminait péniblement.

« Il fait chaud, j’ai mal aux pieds avec ces sandales, il y a beaucoup de pierres, et  puis où est passé ta légendaire galanterie, pourquoi c’est toi qui est toujours bien à l’aise sur le mulet. »

« Allons courage Juanita, nous entamons les trois derniers kilomètres, c’est normal que tu sois à pied car moi je suis l’évêque venant spécialement de Mexico pour visiter la congrégation des soeurs de la miséricorde. »

 « Heureusement que nous ne venons pas de Mexico, je serais morte depuis longtemps. » Répliqua Juanita.

« Certes tout ce voyage à pied ce n’est pas entièrement crédible, mais je trouverais une explication, fais moi confiance. »

« Je n’en peux plus, avec cette grande corde autour de ma taille et ce gros vêtement, je meurs de chaud. »

« Nous prendrons un bon bain en arrivant » dit Riberio en plaisantant

« Certes ce n’est pas ce qui manque les bains dans un couvent, et puis nous ferrons l’amour. Tu es d’un drôle!.  »

 Juanita bouda durant  les deux derniers kilomètres. La vieille mission catholique du XVII éme siècle dressait ses murs austères d’un ton ocre qui donnait un peu de chaleur à l’édifice en forme de forteresse. Riberio frappa sur la lourde porte en bois.

« Ouvrez mes soeurs, je suis l’évêque Monseigneur Roberto Sanchez, je suis venu de Mexico avec soeur consuela, elle se sent mal vous savez, elle fait le chemin à pied depuis que sa mule soit malencontreusement morte d’une chute dans un ravin.

« Nous vous ouvrons que Dieu vous garde Monseigneur, que nous vaut l’honneur de votre visite dans une contrée si reculée. »

« Je viens visiter les congrégations, de plus un de mes collègues français m’a envoyé une lettre, cela fait longtemps qu’il n’a reçu de nouvelle d’une de ses compatriotes une de vos soeurs. »

« Elle est ici, mais avec tous ces événements elle ne peut sortir de sa cellule, vous savez toutes ces campagnes anti- française. »

«  Permettez que soeur Consuela vienne la distraire dans sa cellule, nous installerons un lit en planche. »

« Cela sera fait selon votre plaisir, mais soeur Martine ne veut plus manger et elle ne veut voir personne tant qu’elle est prisonnière comme elle dit. »

« Ne vous inquiétez pas soeur Consuela fait de  véritables miracles. »

« Soeur Consuela commença par vider une cruche d’eau et avala une assiette de tortillas, puis ayant retrouvée sa bonne humeur elle se rendit dans la cellule de soeur Martine. »,

« Puis, je entrer ma soeur?. »

« Non je ne veux voir personne. »

Juanita pris d’un geste vif la clef que portait une des soeurs, elle ouvrit la porte, Martine pleurait.

« Mais qui vous permet d’entrer ainsi. »

Juanita lui fit signe de se taire

« Oh! Non ce n’est pas vrai Juanita, quelle bonne surprise. »

« Chut, parles tout bas, je suis venue te sortir de ce piège, c’est pour cette nuit ma belle. »

« Mais nous sommes enfermées. »

« Comment ai-je ouvert, j’ai la clef bien entendu, et puis j’ai laissé la porte ouverte. »

« Mais comment allons nous franchir les murs, ils font plus de trois mètres? »

« Ma corde en fait cinq, tout est prévu, ne t’inquiète pas. »

Ils parlèrent durant un long moment à voix basse, le temps passa tandis que tombait la nuit elles parlèrent sans s’arrêter, il était déjà plus de minuit.

 

par maybruce publié dans : Recits
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Mercredi 26 décembre 2007

 

« Aussi loin qu’embrasse votre regard autour de vous, aussi grand est l’espace à l’intérieur de vous »

L’espace intérieur rejoint l’espace extérieur, c’est la même chose comme le recto et le verso d’une pièce, mais une question se pose s’agit-il du regard uniquement extérieur ou le regard intérieur ravivé par la pensée et la mémoire avec comme troisième point l’imagination. Une remarque s’impose alors, si nous nous arrêtons au regard objectif  l’espace intérieur sera lui aussi limité à la forme et à l’interaction des objets placés sous notre regard. Il peut également se passer beaucoup de choses dans un cercle de cent mètres autour de nous il y a deux manières de procéder.

1)      Ou bien nous essayons de faire le silence dans notre espace intérieur pour intégrer le maximum de sensations et peu à peu se laisser pénétrer par la force divine.

2)      Partir de ce qui est autour de nous pour extrapoler et arriver au même résultat que précédemment.

 

Je prendrais un exemple pour illustrer cette deuxième proposition : l’arbre par exemple avec ses racines, son fût et ses branches symbolise les mondes cosmique ( les branches) le monde psychique ( le fût) et les racines ( le monde physique), l’arbre par son symbolisme nous rappelle que nous sommes situés entre ciel et terre et que nous sommes à la jonction.

Si nous ne voyons et ne remarquons que peu de chose de notre espace intérieur il est alors soit limité soit il prend trop de place dans notre vie et nous sommes alors trop centré sur notre propre Ego

L’espace intérieur doit être parfois assez dépouillé pour être envahi comme l’espace extérieur par la force divine. Il n’y a rien mais le rien laisse la  place à l’univers invisible.  Nous ne devons pas non plus nous laisser envahir par des préoccupations passées susceptibles  de nous brancher sur les bas niveaux de l’astral ou sont formés les formes pensées reptiliennes car l’homme a peur des reptiles. 

Nous n’avons rien à craindre des reptiles extérieurs si nous avons apprivoisés nos reptiles intérieurs.

Ceci est pleinement le rôle des adeptes, plus généralement la survie de la nature et par conséquent des hommes qui n’en sont qu’un des éléments passe par l’apaisement de la nature intérieure ainsi que de sa richesse symbolique qui se reportera sur la nature extérieure.           

 

par maybruce publié dans : l'adepte
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Samedi 22 décembre 2007

  L’encerclement 


Le soleil se levait, le ciel ressemblait à une immense orange plongée dans une compote de framboise. Les petits nuages de brumes s’attardaient comme des flocons de neige géants. La lumière filtrait à travers les vitraux des trois fenêtres de la cuisine de l’Hacienda du bout du monde, vitraux sont un bien grand mot pour designer les petits carreaux de couleurs des fenêtres, néanmoins le spectacle des différents carrés des fenêtres devenant des petits losanges sur le sol était merveilleux. Juanita se leva la première, elle appréciait cette heure, c’était comme le premier matin du monde. C’était sa recréation (re)création pourrait-on dire, car les choses comme les mots ont souvent un double sens, un côté pile et un côté face. Mais ce matin Juanita ne se sentait pas bien, elle aurait préféré rester au lit. Elle ne sentait pas ce jour nouveau, et elle avait raison.

 Au loin se découpant sur le ciel rougeoyant, un cavalier arrivait au galop. Il faisait penser à l’un des cavaliers de l’apocalypse, et c’était bien le cas. Sans ralentir le cavalier pénétra dans l’Hacienda en sautant la barrière de bois sans prendre le temps de l’ouvrir, puis il frappa à grands coups de poings sur la porte  
 « Mais que veux-tu » dit Juanita en ouvrant la porte d’un air courroucé. Elle venait de reconnaître Ricardo, un contremaître de l’Hacienda qui revenait de Monterrey où il avait effectué quelques courses.
 « Tu es rentré plus tôt que prévu. »
 « Tu sais Juanita, j’ai fais le tour des différentes auberges de la ville et les nouvelles ne sont pas bonnes, et puis je suis passé tout près d’ici a Nuevo-villa. 

«  Et alors Ricardo dit Juanita très impatiente

«  Et bien tout d’abord, les alentours grouillent de soldats, au Sud nous trouvons l’armée régulière, à l’est et à l’ouest nous trouvons les guérilleros de Juarez qui tentent d’effectuer une jonction. »
 

« Il reste le Nord. »
« Non le Nord aussi est fermé, profitant de l’aubaine se situent les apaches et les Navajos. »
«  En sommes nous au centre du cyclone, qu’allons nous devenir »

« Je me le demande dit Ricardo, les guérilleros recherchent, le prêtre Français pour le fusiller, et recherchent aussi une religieuse annamite pour la mettre en prison. »

« Mais il faut prévenir le Wen. La sœur Martine»

« Trop tard elle est enfermée dans la  mission catholique »

« Comment cela enfermée? » dit Juanita

« Elle est belle et bien enfermée dans sa cellule, mais je ne sais si cela est dans le but de la protéger, ou bien dans le but de la livrer aux guérilleros qui la connaissent. »

«  Bon je vais prévenir les autres, le temps presse, prends du café, ta tâche est terminée pour aujourd’hui. »

Ce fût le branle bas de combat dans l’Hacienda. Les occupants prestement tirés du lit parlaient tous en même temps, imaginant toutes les hypothèses, soupesant toutes les solutions. Au milieu de ce tumulte seul Riberio restait impassible, immobile, les yeux clos assis sur sa chaise.
 

« Mais enfin Riberio, crois-tu qu’il est temps de dormir, bouge toi dit Isabel. »

« Je consultais mon maître intérieur. »

« A bon et que dit-il, si bien sur je puis me permettre d’être indiscrète. » dit Isabel courroucée

« Et bien, dans un premier temps nous allons cacher Emmanuel dans ton ancienne maison au nord du domaine. »

« Riche idée mais que fais-tu des indiens. »
 

 

par maybruce publié dans : Recits
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Jeudi 13 décembre 2007

 L’enseignement de Riberio (Suite)

«  Bien dit Emmanuel comment prouver qu’elles existent ces vies antérieures, ou successives, ceci n’est pas enseigné par l’église. »

«  Je te répondrais par une autre question, qui te prouve que ce que te dis l’église est exact, les dogmes des différentes églises de par le monde sont différents, qui peut dire laquelle a raison? Les premiers chrétiens croyaient en la réincarnation. Mais je ne vais pas parler de croyances à mon avis il s’agit de considérer la doctrine de la réincarnation comme une hypothèse de vie, ou bien comme un pari, imitant en cela le pari du philosophe Pascal,
« je ne peux pas prouver que Dieu existe, mais s’il existe et que je ne  sois pas préparé, je serais bien embarrassé, alors il vaut mieux agir comme s'il existait » Ce ne sont pas les paroles exactes, mais la problématique énoncée avec des mots simples. Agir comme si la réincarnation existait, cela veut dire que nous devenons responsables de notre destin et de nos vies. Ce qui détermine la vie suivante c’est ce que nous faisons dans celle-ci. Continuons notre raisonnement, si les hommes sont responsables de leur destin devant Dieu ou envers le « Grand Esprit » il n’est nul besoin de dirigeants, nul besoin de directeurs de conscience, nul besoin de hiérarchie cléricale. C’est pour asseoir son pouvoir que l’église a abandonné la notion de réincarnation cela se passait cinq cents ans après jésus Christ environ »

« Mais pouvons nous dire que c’est bien l’âme qui se réincarne» dit Isabel.

« Comment définir l’âme, je pense que l’âme n’est pas immuable, l’âme serait la synthèse entre le ciel et la terre. De tout temps en tout lieu existe celui qui n’est pas né et qui ne meurt jamais ce que les indiens Nord Américains appellent le grand Esprit se dédoubla et cela donna la terre, ou plus exactement le corps de l’univers, que nous pouvons appeler 
«  le monde des formes » coexistant avec le monde sans forme ou « monde spirituel » ou encore monde des idées. Le contact entre les deux forces donna naissance à l’Ame Universelle, de l’Ame Universelle est né le monde, à chaque instant, à chaque minute, à chaque seconde. Puis des morceaux d’âme comme les ruisselets partant d’un lac, comme des étincelles partant d’un feu devinrent des « esprits », synthèse entre l’idée et la forme ce qui donna le « monde des images », c’est ce monde auquel accède le chamane. Les Esprits devinrent des hommes, d’autres s’occupèrent de la bonne marche de la nature, dans ce cas se sont les esprits du lieu, les esprits des plantes. Mais revenons à l’homme, celui-ci est de nature double : il est composé de sa forme et de sa personnalité et aussi d’une parcelle d’âme universelle qui ne lui appartient pas, car celle-ci est toujours reliée à sa source. Elle ne se réincarne pas elle existe à jamais et elle a toujours existé. Pour que cette étincelle divine devienne partie agissante et pensante elle a besoin de la personnalité. C’est cette dernière qui se réincarne et qui change de forme au cours des vies successives.

« C’est bien compliqué dit Martine la religieuse, chez nous au Vietnam certains disent que les esprits meurent aussi si nous cessons de penser à eux  ceci est appelé le culte des ancêtres »

«  les bouddhistes disent que l’âme n’existe pas étant donné que nous sommes différents d’un instant à l’autre; ils prétendent aussi qu’il n’y a pas de personne, mais ils admettent la continuité de la conscience et des souvenirs »

«  Quel bonne blague dit Bernardo et pourquoi ne nous souvenons nous de rien »

«  Mais sais tu que nous menons une double vie tous les jours et toutes les nuits, de combien de rêves nous souvenons nous d’infimes parcelles, oui toutes les nuits nous vivons autant d’événements en rêve qu’à l’état de veille sinon plus. Nous souvenons nous des rêves d’il y a un an, non sauf si nous avons tout noté. En fait le monde des rêves est le même que le monde des Esprits qui est encore appelé l’au delà. Il existe néanmoins une différence entre les rêves et l’état de mort, dans la mort nous pouvons diriger nos images, et ces images sont des souvenirs modelés d’après le monde matériel. La mort ressemble au sommeil, la naissance ressemble au réveil »  

«  Mais pouvons nous accéder à l’au delà autrement que par la mort ou le rêve  » dit Martine très intéressée

«  Oui par le départ volontaire du corps de rêve ou esprit encore appelé corps psychique ou corps astral. Les techniques de ce dédoublement apparent sont assez simples, mais comme pour le rêve, la réminiscence des choses vues et entendues est compliquée. Chaque nuit notre corps psychique part. Chez les indiens nous apprenons à diriger les rêves, ce qui implique que nous sachions que nous rêvons, mais le plus souvent ce dédoublement a lieu dans le monde des formes »

« D’autres questions »

Ils se regardèrent perplexes 

« Qui a une autre question?. »

«  Moi dit Emmanuel, Adam et Eve ont-ils existés? »

Riberio éclata de rire « je ne connais pas bien la bible, mais je pense qu’il s’agit de symboles, Adam représente sans doute la partie paternelle de la divinité Eve étant la partie maternelle et réceptive de Dieu. Nous voyons qu’Adam tire Eve d’une de ses côtes, il lui manque donc quelque chose, l’autre côte pour faire la paire. Si nous jetons une pierre dans l’eau sur un rayon d’un mètre nous aurons de petites vagues des petites rides sur l’eau. Il se peut que les rides soient en nombre pairs ou en nombre impairs, les nombres impairs sont la partie masculine de Dieu et les nombres pairs sa partie féminine. Les nombres pairs produisent la forme et les nombres impairs la pensée, la rencontre des deux donne la vie. Je ne sais pas si tu suis toujours »

«  Difficilement »dit Emmanuel

«  Bon, nous touchons ici aux mystères, je vous propose avant de vous endormir d’avoir sous les yeux l’image d’Adam et Eve, ainsi que l’image des pierres tombants dans l’eau. Il peut vous sembler difficile de faire la relation entre les deux, mais c’est votre âme qui vous donnera la réponse durant votre sommeil, elle qui ne connait jamais de repos. »

 

par maybruce publié dans : Recits
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