Samedi 19 avril 2008
 LA DERNIERE FEMME

.« Excuse moi, je te parle trop de ma vie, mais quand nous nous rencontrons vraiment Riberio et moi c’est extraordinaire enfin toi tu n’as rien, je ne sais pas pourquoi je me plains. » 

« Pour me sortir de ma torpeur et aussi parce que tu ne sais rien garder pour toi et aussi parce que tu es une amie. »

« Oui c’est mille fois vrai, toi aussi tu es un ami et je suis triste que tu partes surtout  pour te faire moine, j’espère que tu feras des rencontres durant la traversée, mais pourquoi ne restes-tu pas au Nouveau Mexique. »

Il ne répondit pas

Le lendemain le soleil commençait à sortir de ses braises comme un oeuf d’or du feu d’un alchimiste, Riberio était recherché par l’armée pour avoir aidé quelques indiens persécutés, de plus en raison de ses dons de guérisseur les médecins commençaient sérieusement à le jalouser. Il avait coupé sa barbe et avait troqué sa veste à franges en daim pour un beau costume trois pièces, il était munis de faux papiers, Juanita avait emmenée une belle robe bleue outremer qu’elle comptait mettre dès qu’ils troqueraient  les chevaux pour la diligence. Emmanuel avait amené un haut de forme à la mode française, il se nommait Henri Lenormand voyageant avec sa femme et son frère. Pour se cacher efficacement il avait décidé de ne pas se cacher, car disait-il « Les choses évidentes sont parfois les plus invisibles. »

Riberio contemplait les affiches où il apparaissait barbu, le regard halluciné, dessin effectué par un journaliste qui l’avait vu soigner.

« Dites donc dix mille dollars, ce n’est pas si mal comme récompense. »

Ils empruntèrent la diligence, laissèrent les chevaux et prirent même une petite ligne de chemin de fer. Ils avaient changé d’état, après le Nouveau Mexique ils traversèrent l’Arkansas et le Tennessee. Les affiches avaient disparues depuis longtemps mais ils gardèrent quand même leurs fausses identités. Juanita revivait, Riberio était de nouveau aux petits soins pour elle. Il avait abandonné sa mission de thérapeute et de guide, l’adversaire restait dans l’ombre. Ils descendirent le Mississippi dans un bateau à aubes, durant cette descente Emmanuel fit la connaissance d’une jeune femme Clara Wilson dont la mère était française. Clara était une petite brune très volubile et qui riait beaucoup. Elle prenait plaisir dans la compagnie d’Emmanuel qui lui restait morose. Clara trouvait Emmanuel à son goût, et elle devenait de plus en plus pressante.   

« Voyons Emmanuel entourez moi de vos bras, il fait froid sur ce pont. »

« Mais nous sommes en plein été. »

« Aimez vous les femmes, faites vous semblant de ne pas comprendre. »

« Il faut que je vous confie un secret, ou plusieurs secrets, mais je ne sais pas si vous voudrez encore me voir après cela. »

Il s’assit prévoyant un long temps de confidences, sans plus de manière elle s’assit sur ses genoux en prétextant pour la forme que les chaises en bois étaient trop dures. »

Il raconta son aventure le plus exactement possible, mais en ne mentionnant pas certains détails, comme par exemple la sorcellerie de Riberio. »

« Mais passons au plus important, je suis prêtre et j’ai eu deux femmes j’espère que vous pourrez me regarder en face?..... »

Elle resta sur ses genoux contrairement à son attente et de plus elle souriait.

« Oh, non bien au contraire je ne suis pas choquée, un vieux dicton français affirme jamais deux sans trois, et puisque nous en sommes aux confidences, j’en ai deux à vous faire, je suis protestante par mon père et juive par ma mère, j’espère que cela ne vous dérange pas trop de fréquenter un femme qui a deux religions et de plus différente de la votre, de plus j’apprécie votre confiance, l’idée d’un prêtre fricotant avec deux femmes me réjouit plus qu’il me choque, vous voyez vous n’êtes pas trop mal tombé. » 

« Mais il y a plus grave, je suis décidé à me retirer du monde, j’aspire à devenir moine. »

« Je suis disponible pour vous, et je comprends vos hésitations, décidons si vous le voulez bien que vous m’apporterez votre réponse avant la fin de la traversée vers la France et je me sentirais dégagée de mes obligations après la moitié du voyage, voulez vous essayer de faire une nouvelle vie. »

Elle se leva l’embrassant légèrement sur les lèvres.

« Mais bien sûr, vous pouvez m’apporter votre réponse plus tôt. »

Ils arrivèrent à la Nouvelle Orléans, la ville était déjà importante, ils rencontrèrent des personnes d’origine française et se mirent en quête d’une embarcation pour la traversée, en discutant en fréquentant les bars, ils trouvèrent un petit bateau à voile un Steamer qui faisait voile vers Bordeaux quelques jours plus tard.

C'était le moment des adieux, le bateau porté par un bon vent s’éloigna du quai «  Ecrit nous Emmanuel disait Juanita de toute façon Riberio viendra vous rendre visite de la manière que tu sais. »

Emmanuel se demandait si Clara apprécierait «  la façon que tu sais. »

Le bateau rapide fila rapidement dans les flots Riberio dit.

« Vite retournons au Mexique, j’ai comme l’intuition que notre présence est très souhaitée à l’hacienda. »

« Oui mon amour en route. » Elle jeta ses chaussures à haut talons dans la mer, disant qu’elles faisaient mal aux pieds et qu’elle ne pouvait pas marcher, la robe bleue trop longue subit le même sort et elle enfila une robe à fleurs qui s’arrêtait à mi-mollet, elle sauta d’un mouvement sur l’un des chevaux qu’ils venaient d’acheter.

« Je me sens mieux. »

Elle partit au triple galop.

Le steamer voguait sur les vagues de l’océan Atlantique, le soleil brillait, le voyageur se poursuivait lentement par manque de vent. La mi-parcours approchait et la date fatidique de l’ultimatum approchait. Emmanuel était de plus en plus sombre, il répondait à peine aux bonjours enjoués de Clara, celle-ci cependant ne se découragea pas.

« Emmanuel venez me voir ce soir, vers neuf heures après le repas, j’ai commandé du champagne. »

« Il fît oui de la tête décidé à dire non aux propositions de Clara.

Le soir vers neuf heure moins le quart, il frappa à la porte. Clara sourit, il est en avance c’est généralement un présage plutôt favorable, pensa-t-elle?. Emmanuel se courba pour entrer dans la petite cabine et regarda Clara seulement vêtue d’une petite chemise de nuit brodée. 

« Oh! Excusez-moi, je ne savais pas que vous n’étiez pas prête. »

« Si je suis prête et depuis longtemps, asseyez-vous, tenez prenez une coupe de champagne. »

Elle sourit et s’assit en face de lui, elle posa délicatement ses petits pieds nus sur les genoux d’Emmanuel. Il remarqua qu’elle avait presque les mêmes jambes que Martine et il en fût tout excité.

« Emmanuel, j’ai honte de vous faire du chantage vous me donnerez votre réponse une fois que nous serons arrivés en France et quoi qu’il arrive ce soir demain est un autre jour et ne vous laissez pas influencer, j’ai seulement une envie folle de passer un moment heureux avec vous.

S'il ne regardait pas le visage, ces jambes ressemblaient beaucoup à celles de Martine, il ferma les yeux et laissa ses mains agir, il laissa ses mains dévêtir le corps de Clara, sa peau était douce, elle succomba très rapidement, elle retint de justesse un « oui, oui. » Comme si elle avait deviné qu’il tenait quelqu’un d’autre dans ses bras. Il fît l’amour longuement comme si c’était la dernière fois de cette vie et c’était la dernière fois.

Il avait constamment devant l’écran de ses yeux l’image de la petite Annamite qui semblait si heureuse. Quelques heures plus tard il se réveilla

« Non Emmanuel, ne me dit pas ta réponse maintenant prenons simplement du bon temps. »

« Je vais retourner à ma cabine, je te vois demain. »

« Mais ce n’est pas prudent, regarde les vagues. »

En effet, la cabine d’Emmanuel à plus de dix mètres de celle de Clara était située sur le pont où grondait la tempête, les flaques d’eau entraient par la porte de Clara. Des vagues d’eau s’abattaient sur le pont le Steamer était secoué comme une coquille de noix.

« Ne te fais pas de soucis j’ai le pied marin. »

 « Reste je te prie, c’est trop dangereux. »

Il aurait dû rester. A peine fut-il sorti qu’une vague énorme l’emporta et il passa par dessus le bastingage. Il se retint de justesse au dernier barreau. Clara avec une surprenante rapidité lança une corde qu’elle attacha au mât.

« Si tu veux vivre prends la corde. »

Et si tu veux vivre, il manqua la corde à cinquante centimètres de lui et il coula à pic. Il n’avait plus le goût de vivre sans Martine. Il mourut très vite en moins de trois minutes passé la panique intense de la noyade, il fût projeté dans les airs, il vit le bateau malmené par la tempête furieuse, il sut instantanément qu’il venait de faire un enfant, une fille qu’il croisa dans son chemin vers l’au-delà . Il revit les images de sa vie dans une abondance d’images extraordinaires, puis ce fût le calme et il traversa un monde très noir et très triste, mais au bout du monde auréolé d’une lumière intense il retrouva Martine. Elle n’ouvrait pas les lèvres, mais ils communiquaient par la pensée.

 

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Mercredi 2 avril 2008

 

L’illumination
 

Le soir ils arrivèrent dans un petit village où les indiens Hopis vivaient et ceux-ci mirent deux petites maisons à la disposition des passagers. Juanita sourit à Riberio et l’invita à la suivre dans une des maisons, Juanita se déchaussa et s’allongea sur une natte et elle dit. »

« Je me demandais si tu allais comprendre. »

Riberio se mis à genoux au pied de la natte et à l’aide d’une calebasse d’eau entrepris de lui laver les pieds encore abîmés par l’escalade du couvent.

« Tiens tu fais comme le Christ, mais crois tu que lui aussi avait perdu ses pouvoirs et n’avait rien pressenti avant d’être pris pour être crucifié. »

« Je n’en sais rien, il savait sans doute que Judas allait le trahir mais ne savait pas quel sort l’attendait. »

« Toi non plus tu ne sais plus quel sort t’attends. »

« Jésus à dit un jour, il faut que je diminue pour qu’ils croissent, peut être que mes pouvoirs doivent diminuer pour que croissent les tiens. »

« Je préfère quand même un homme plutôt qu’un saint, un saint n’a pas le droit de faire ce que tu vas faire dans très peu de temps. »

« Je ne sais pas ce que je vais faire, je ne sais plus rien. »

Elle éclata de rire

« Que c’est drôle tu as même perdu ton intuition, gros bêta. » Elle riait de plus belle. 

 

« Je sais que ce n’est pas drôle, mais je ne peux plus m’arrêter c’est nerveux. »

Elle se déshabilla avec peine, tellement elle riait. Elle cessa au moment où leurs peaux nues entrèrent en contact, elle frissonna comme si elle avait reçue une décharge électrique.

« Oh!, oui, oui, j’ai follement envie. » Cria-t-elle.

Le lendemain le jour se leva. Juanita s’étirait comme un félin repu, elle était à la fois contente et comblée elle remarqua que la couche à côté d’elle était vide. Où était-il encore passé, il était parti au milieu de la nuit et il n’était pas encore revenu?. Non Riberio ne reviendrait pas c’est à dire qu’il reviendrait différent. Sous la lune à trois heures du matin il fût emporté par l’expérience. Il est bizarre cet homme pensa Juanita. Riberio entra.

« Alors comme cela, je suis bizarre. »

Elle s’apercevait qu’il lisait dans ses pensées comme dans un livre ouvert.

« Tes pouvoirs sont revenus. »

« Bien plus que cela, je ne serais jamais seul. »

« Ah bon. » Elle le regarda effarée il était comme éclairé par l’intérieur. Elle commençait à se demander si elle ne le préférait pas comme avant. 

« Nous allons de l’avant, ne regrette pas le passé. »

 « M’aimes tu encore. »

« Oui je t’aime comme tout l’univers. »

« Mais je ne suis pas tout l’univers. »

« Tu es ma parcelle d’univers préférée. »

Elle poussa un ouf de soulagement, il n’avait pas entièrement perdu la tête.

« Au fait Juanita c’est bien d’écouter Emmanuel c’est un métier qui existera plus tard, il s’appellera infirmière de l’âme ou un nom moins poétique. »

Le mot psychologue n’existait pas encore du moins dans cette partie du monde  et le mot psychanalyste existait encore moins. Il n’existait que «  Le médecin des fous » appelé plus tard un psychiatre.

Depuis quinze jours déjà, le trio était installé près d’Albuquerque au Nouveau Mexique dans le petit village des Hopis. Riberio avec l’aide de Juanita soignait avec encore plus de facilité qu'auparavant. Riberio était toujours content, mais la jalousie s’insinuait peu à peu dans l’esprit de Juanita. Elle n’était pas jalouse d’une femme se serait trop simple car elle avait une grande confiance dans sa féminité. Mais elle était jalouse de l’âme de Riberio qui passait au premier plan, avant sa personnalité, avant son ego. Il faut que je diminue pour qu’ils grandissent disait Jésus .Juanita disait « Il faut qu’il diminue pour qu’elle grandisse. Autrement dit cette partie que Riberio  montrait, cette partie mystérieuse qu’à défaut d’autre chose nous appellerons l’âme, cette âme riche d’expériences en contact avec le divin, quand cette âme passait au premier plan Riberio avait tout, il n’avait besoin de personne.      

Auparavant il avait besoin de Juanita pour être complet, il lui avait dit un jour « tu es ma moitié d’orange. » Mais depuis l’expérience elle se retrouvait en face d’un verger d’orangers.

Elle se morfondait, heureusement un jour il se décida pour effectuer un long voyage vers la Nouvelle Orléans en passant par Memphis. Elle savait que Riberio serait presque tout à elle. Elle s’imaginait descendant le Mississippi. Ce fût le jour du départ avec trois chevaux et deux mulets pour les bagages. Juanita passait beaucoup de temps à remonter le moral d’Emmanuel qui était décidé à devenir moine. 

« Mais enfin Emmanuel tu ne peux pas te faire moine par dépit, mais uniquement par vocation, tiens j’en connais un qui ferais bien moine lui qui est constamment en conversation avec son âme. »  

« Mais Riberio t’aime ne l’oublies pas. »

« Tu sais je suis son morceau d’univers préféré, mais où se finit l’univers et vois tu je ne peux rien faire, si j'étais en concurrence avec une belle jeune fille élancée et belle j’aurais des armes, j’aurais mon corps chaud, mes caresses, mon charme mais comment lutter avec une âme, comment faire comment lutter avec une ennemie invisible. »  

« Je ne sais pas disait Emmanuel."

« D’autant  plus comme il le dit que nos âmes sont en harmonie et comment faire pour lutter contre quelque chose avec laquelle nous sommes en harmonie. »

 

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Mercredi 19 mars 2008

 Le drame

ke Wen, la petite Annamite chevauchait sur le cheval emballé, derrière elle un soldat la poursuivait, il avait un foulard rouge au-dessus de son uniforme bleu.

« Arrêtez vous ou je tire. »Disait il en Espagnol puis en Anglais.

« Oui mais comment. »Disait-elle en perdant les rênes.

Le cheval sans maitre gravissait une côte, il suivait un sentier qui ne menait nulle part. Elle distançait sans peine le soldat beaucoup plus lourd, celui-ci tirait des coups de revolver en l’air, ce qui avait pour effet d’affoler encore plus le cheval.

« Arrêtez vous allez tout droit en direction du canyon de la mort. »

Le canyon de la mort était très étroit, il mesurait environ sept à huit mètres de largeur, mais il était profond  de quarante mètres. Curieusement le sentier, nul ne savait pourquoi s’arrêtait juste devant. Le cheval était lancé au galop et n’obéissait plus à la cavalière débutante,  il sauta au dessus du canyon et ce fût le drame. Martine ferma les yeux et lâcha tout, puis elle tomba quarante mètres en contrebas. Elle mourût sur le coup. Le soldat s’arrêta devant le précipice, le cheval de Martine était lui de l’autre côté, il avait sauté sans sa cavalière. Le cavalier sortit son fusil épaula et tua le cheval. Avec le bruit de la détonation il ne s’aperçut pas que derrière lui venait d’arriver Couteau Agile, Riberio et Emmanuel.     

Juanita s’exclama.

« Il a tué Martine, il a tué Martine. »

Elle prit un vieux pistolet que l’Apache portait a sa ceinture et tira sur le soldat qui tomba de cheval. Il voulut dégainer son colt, mais Couteau Agile pris son couteau.

« Pars, je te prie dit Riberio, mon ami est très fort au couteau. »

Le soldat hésita puis remonta à cheval, son épaule gauche saignait, Riberio se doutait de quelque chose.

« Ce n’est pas lui qui a tué Martine, c’est son inexpérience à cheval. »

Emmanuel était anéanti, il ne disait rien, comme absent. Juanita jetai des regards noirs à Riberio.

« Regarde où tu nous a conduit, si tu m’avais écouté. »

« Mais. »

« Tais-toi, si tu ne te sens pas capable de nous guider, laisse faire les autres. »

Heureusement Couteau agile veillait sur le petit groupe;

« Vite, si vous ne voulez pas dormir ce soir en prison. » Il nous faut partir, les tuniques bleues ne sont pas loin, il prit le cheval d’Emmanuel par la bride et parti au galop.

« Allons dépéchez-vous. »

Il reprit son labyrinthe à travers les arbustes et les arbrisseaux parsemés, puis il pris une direction parallèle à la frontière.

« Les tuniques bleus vont nous chercher à l’intérieur des terres du Texas, et c’est pour cela que nous ne nous en éloignerons pas trop, au fait, où allons-nous. »

« Au Nouveau Mexique. » Dit Riberio.

« Mais ce n’est pas le chemin de la mer. » Dit Couteau Agile.

« Nous allons d’abord te déposer puis je conduirais Emmanuel vers la mer » Dit Riberio

Le voyage se poursuivait, Riberio et Juanita aller chercher le ravitaillement dans les petites villes habitées par des blancs, Couteau Agile partait le chercher quand la petite troupe traversait les territoires indiens. L’ambiance était glaciale, Juanita ne parlai plus du tout à Riberio, celui-ci était sombre et ténébreux car il avait perdu à la fois sa compagne et ses pouvoirs. Emmanuel ressemblait à un zombie absorbé par une profonde dépression, il était englué dans le malheur comme une mouche dans une toile d’araignée. Seul l’Apache se trouvait heureux car il allait retrouver une nouvelle tribu et de plus il avait pris sa revanche sur Riberio. Il chevauchait en éclaireur à quelques centaines de mètres du trio et permettait d’échapper à toutes les patrouilles de soldats.  

« Tu vois disait-il à Riberio depuis cinq jours nous avons évité trois patrouilles et si je n’étais pas là tu serais en prison ou devant le poteau d’exécution, depuis plusieurs jours tu n’a rien fait de sensé. »

« Je suis comme dans un brouillard, je ne vois plus rien, je n’entends plus les messages de l’invisible. »

 « Tu es comme un Puma sans griffes, cela signifie pour toi que de nouvelles griffes plus acérées vont pousser ou bien tu deviendras complètement ordinaire. »

Le voyage se poursuivait toujours aussi morose, les patrouilles se raréfiaient ainsi que les groupes d’indiens sur le sentier de la guerre, un jour Couteau Agile vint faire ses adieux. »

J’ai retrouvé une nouvelle tribu, je vais rejoindre le chef Cochise, que Riberio vienne me voir dès qu’il retrouve ses pouvoirs, viens Juanita j’ai deux mots à te dire, rien qu’à toi. » 

Juanita descendit de cheval l’indien l’entraîna a quelques dizaines de mètres.

« Invite de nouveau Riberio dans ta tente ou dans ton bivouac, l’homme appartient au pouvoir, mais le pouvoir n’appartient pas à l’homme ce n’est pas comme la pensée, de plus peut-être la visage jaune à rencontré son destin. »

 Juanita revint vers le groupe troublée et soucieuse, pour la première fois depuis de longs jours elle ne jeta pas un regard hostile à Riberio.

Le jour se levait, ce soir ils atteindraient le nouveau Mexique, et se serait la terre promise. Juanita parlait avec Emmanuel qui lui répondait par des monosyllabes elle le prenait quelquefois dans ses bras comme une mère prendrait un jeune enfant.

« Pardonnes moi Emmanuel » Lui dit-elle un jour.

« Te pardonner mais de quoi. »

« Je n’ai pas pu, je n’ai pas su éviter le drame. »

« Tu as pourtant fais tout ce qui était en ton pouvoir, si tu te sens coupable je te pardonne de grand coeur, tu es mon amie Juanita, tu as fait ce que tu as pu, ce n’est pas le cas de l’autre. » L’autre étant Riberio.

« Oh! Tu sais les pouvoirs n’appartiennent pas à l’homme et il n’a pas vu qu’il les avait perdus, le pouvoir est capricieux. »

« Tu as peut-être raison admis Emmanuel. »

 

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Mercredi 5 mars 2008


La revanche de Couteau Agile

Mais il était trop tard, déjà un détachement de l’armée Américaine, leur barrait la route.

« Suivez moi dit Couteau Agile » Il lança un regard moqueur en direction de Riberio.

« C’est moi le vainqueur aujourd’hui  » Lança-t-il en langue indienne.

« Oui tu as gagné, aujourd’hui je compte sur toi. »

« C’est toi le prisonnier et tu vas suivre. »

Ils filèrent au galop vers le canyon suivit par les soldats, à la sortie de celui-ci s’étendait un taillis d’arbres clairsemés et d’arbustes, ils montèrent une côte de quelques centaines de mètres, les chevaux ralentissaient fortement, sur cette sorte de plateau poussaient beaucoup d’arbustes Couteau Agile fît signe de le suivre en file indienne si l’on peut dire. Couteau Agile les entraînait dans un parcours compliqué, décrivant une sorte de labyrinthe, le petit groupe revenait plusieurs fois sur ses pas. Au loin les soldats s’interpellaient, ils se perdaient dans toutes ces traces de sabots.     

« Mais nous sommes déjà passés par ici, vous êtes sur que nous n’allons pas nous perdre. » Dit Emmanuel.

« Non dit Couteau Agile ce sont eux qui sont perdus, mais pas nous, nous sommes comme une aiguille dans un champ de cactus, les Américains sont les plus facile à semer. »

« Mais où se trouve Martine ».Dit Emmanuel en se retournant.

« J’espère qu’elle n’a pas pris la route du chemin de la mort. Dit Juanita.

« Espérons le dit en écho Riberio. » Elle ne sait pas bien monter à cheval.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 7 février 2008

Les indiens

« Alors ne perdons plus de temps, embrasse moi, ne te presse pas c’est la première fois, mais j’ai confiance car moi aussi je t’aime, embrasse moi. »

Le jour pointa son nez quand ils s’étreignirent dans un long baiser passionné. Leurs mains fébriles virevoltaient sur leurs corps, ils se serraient frénétiquement en fermant les yeux. Dehors on entendait des petits bruits comme des petits frôlements. Emmanuel montra le lit à Martine qui fit oui de la tête et des yeux. Soudain la porte s’ouvrit et  les Apaches sur le sentier de la guerre entrèrent et se saisirent promptement de Martine et d’Emmanuel.

« Que faisons nous de la fille. » Dit l’un des guerriers

Un autre guerrier fit un geste significatif du bassin, un deuxième fit un autre geste non moins significatif en passant le tranchant de sa main devant la gorge.

« Non dit le chef, elle va partir. »

Les indiens poussèrent des cris de protestation en levant leurs lances. Ils étaient au nombre de quinze.

« Oui elle n’est pas Mexicaine, elle n’est pas Américaine. Nous pas aimer les blancs, mais n’avons rien contre les jaunes. Ils se tournèrent alors vers Emmanuel et se mirent à faire une ronde autour de lui. Leurs visages étaient peint avec des couleurs de guerre à prédominance rouge. Emmanuel compris assez rapidement qu’il allait servir de cible aux archers, il remarqua qu'une moitié seulement possédaient des fusils. Martine comprit bien également.

« Non le blanc n’est pas Mexicano, pas Américain lui Français. »

Ils se regardèrent d’une manière significative. Elle continua

« France derrière la grande mer »

« Ah oui pantalons rouge » dit le chef. Les indiens appelaient les Français les pantalons rouges.

« Pantalons rouge très grands guerriers. »

L’indien faisait allusion à la célèbre bataille de Calerone

« Eux grands guerriers, pas méchants avec indiens, mais eux partis, eux ont abandonné Mexique, pas bien, pas bien du tout. » dit le chef en Espagnol.  

« Nous te proposons de te battre contre Couteau Agile, lui très fort au couteau, si tu le blesses ou si toi le tuer, tu pourras aller. » 

Triste perspective car la mort était assurée, Emmanuel n’avait jamais tenu un couteau sauf un couteau de cuisine.

« Lui ne sait pas se battre, mais lui grand chaman chez les blancs. » dit Martine

« Ah toi la jaune, toi veux dire curé, drôle de chaman. »

Ils éclatèrent tous de rire en frappant les cuisses de leurs mains

« Bon curé si toi est un chaman, nous te relâcherons, les chamans sont sacrés, donc toi avoir une épreuve de sorcellerie. »

Ils se mirent à fouiller les poches d’Emmanuel et sortirent des pièces de monnaies

« Voila nous allons cacher les pièces de monnaie dans ce terrain » le chef délimita un terrain marqué par deux rochers et deux arbres à chaque coin. Le terrain était rempli de cailloux et sa superficie était d’un hectare environ.

« Tu as une heure pour préparer tes sorcelleries et une demie heure pour retrouver les pièces, moi sais lire la montre. »

Il regardait la montre gousset qu’il venait de confisquer à Emmanuel.

« Si toi ne retrouves rien, toi te battre avec Couteau Agile. »

Nous voila bien avancés pensa Emmanuel. Les indiens le poussèrent dans la maison avec Martine et ils se mirent en cercle autour d’eux. Puis l’attente vint, Martine ferma les yeux et sombra comme absorbée par le sommeil. Emmanuel transpirait, il lui semblait que c’était sa dernière heure. 

« Mais enfin comment peux-tu dormir dans des circonstances pareilles. »

«  Tais-toi Emmanuel j’essaye d’appeler Riberio. »

Il se tût, de toute façon il n’y avait rien à perdre. Au même moment  l’Hacienda  Juanita bouillait d’impatience.

« Mais enfin Riberio, ce n’est pas le moment de dormir, nous devons rejoindre nos amis, le soleil est déjà haut dans le ciel. »

Il ouvrit les yeux et dit: « Cela est fait Juanita, nous pouvons partir. »

Dans la petite maison, Martine poussa un cri de joie en sautant sur sa chaise.

« Tu verras une sorte de brume aux endroits ou se trouvent les pièces, tu ne peux pas te tromper, j’ai eu Riberio. »

L’heure était écoulée, le chef indien vient chercher Emmanuel celui-ci se dirigea sans hésitation en direction des pièces, couteau agile était déçu.

« Cet homme a triché, j’ai vu il  s’est servi de la chamane jaune et de Riberio, ce n’est pas lui qui a trouvé les pièces. »

« Couteau agile peu de personnes sont capables de faire venir Riberio dans son corps de rêve, ce n’est pas n’importe qui. »

« Oui mais lui n’es pas chaman, il a triché. »

« Nous ne pouvons toucher les amis de Riberio, cela suffit maintenant couteau Agile. »

« Tu es comme une vieille femme tremblante, tu n’as que le mot de Riberio à la bouche, tu n’es pas digne d’être le chef, moi Couteau Agile  je vais provoquer Riberio en duel. »

Cris et chuchotements dans l’assemblée et grands gestes significatifs du bout du majeur sur les têtes.

« Mais tu es devenu fou!. »

« Non je vais tuer Riberio après je vais prendre la place de Guépard Placide. »

« Riberio va te vaincre sans te battre, tu verras. » dit l’un des indiens.

Riberio et Juanita arrivèrent deux heures plus tard.

« Tes amis sont entre de bonnes mains. »dit le chef indien.

« Oui mais nous avons bien failli passer à la casserole. » dit Emmanuel.

« Nous ne savions pas. »dit le chef.

« Demandez et il vous sera répondu »dit Riberio en souriant

« Moi je veux te tuer, veux-tu te battre avec moi.

« Riberio dit Guépard placide, tu n’es pas obligé de relever le défi, car tu es invité dans la tribu et cela à jamais, désormais cet homme ne fais plus parti de notre tribu et quoiqu’il arrive sa vie t’appartient. »

Riberio descendit lentement de cheval, Couteau Agile se précipita sur lui avec son couteau dans la main droite. Riberio poussa un cri puis en deux trois mouvements avec un vitesse fantastique il frappa Couteau Agile qui se retrouva à terre évanoui. »

« Mais enfin tu aurais pu me demander mon avis. » dit Riberio.

« Comment fais-tu cela. »dit Emmanuel.

« Tai chi Chuan, c’est chinois. » Répondit-il.

« Dis donc tu es drôlement rapide. » dit Juanita.

« Pendant des jours, des mois, des années tous les gestes sont fait au ralenti, le plus lentement possible et puis un jour quand le besoin s’en fait sentir la rapidité vient. » 

« Mais ce cri. »

« Il s’agit du Kaï, c’est la projection de l’énergie par la voix, ce qui paralyse l’adversaire. »

« Tu peux le tuer sa vie t’appartient. » dit Guépard Placide. 

« Non, il y a mieux à faire, justement nous avons besoin d’un guide. »

Couteau Agile encore sonné venait de se réveiller.

« Viens nous partons. » dit Riberio

Couteau Agile monta à cheval et les suivit la mine renfrogné, il  devait suivre le quatuor et il avait perdu.

 

"ET MAINTENANT OU ALLONS NOUS" DIT JUANITA
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