Ceci est mon corps, ceci est le « pain de vie » le passage de l’évangile invitant le croyant à manger le « pain de vie »
peut paraître surprenant et s’apparenter au cannibalisme. Il est évident que ceci n’est absolument pas à prendre au sens littéral. Pour essayer de percer le mystère, pour essayer d’y voir plus
clair penchons nous sur le symbolisme du pain. De quoi est fait le pain ?
En premier lieu de la farine qui est elle-même tirée du blé lui-même issue de la Terre, puis vient l’Eau qui va servir à
pétrir et surtout vient le levain qui va faire lever la pâte comme son nom l’indique et qui met en action l’Air et qui va faire doubler le volume du pain. Le levain peut s’apparenter à l’esprit
car l’Air pour la Kabbale est à l’origine des autres éléments puis vient le Feu qui va servir à faire cuire le pain.
Le corps du Christ comme tous les autres corps était constitué de ces quatre éléments, de ces quatre principes, le corps du Christ est animé
par la quintessence c'est-à-dire le cinquième élément qui donne vie au quatre autres.
Cette quintessence est la vie éternelle, c’est l’origine du « pain de vie » d’où l’importance attachée au
pain.
Posséder dans l'unité et non se perdre dans l'unité, tel est le secret. Dieu et l'homme, le monde et l'au-delà deviennent Un quand
ils se connaissent l'un l'autre. Leur division est la cause de l'ignorance, de même que l'ignorance est la cause de la souffrance.
Tout d'abord, l'homme cherche aveuglément, et il ne sait même pas qu'il cherche son Moi divin, car son point de départ est l'obscurité de la Nature matérielle, et même quand il commence à voir,
il reste longtemps aveuglé par la lumière qui croît en lui. Dieu aussi ne répond qu'obscurément à sa quête; il recherche l'aveuglement de l'homme et en jouit comme des mains d'un petit enfant qui
tâtonne vers sa mère.
Le petit enfant qui tâtonne vers sa mère est semblable à l’homme qui recherche Dieu, il n’a alors que son libre-arbitre ce qui est à la
fois indispensable et aussi bien peu de choses, en connaissant l’au-delà l’homme élargit son horizon. Quand on inclut l’au-delà la notion de libre arbitre n’est pas la même, car ce qui peut
paraître un destin est en fait programmé dans l’au-delà. Il est certain qu’avant de rejoindre la nature divine il faut rejoindre le monde de l’au-delà en plus du monde matériel qui est le lieu de
l’obscurité. Posséder dans le cas du texte indique qu’il s’agit de la possession d’une personnalité qui reste autonome bien qu’elle reste en Dieu. L’unité englobe la diversité, encore faut-il
cultiver le libre-arbitre c’est un mal nécéssaire n’en déplaise à mon ami B.
Pour ne pas se perdre l’homme doit avoir expérimenté de nombreuses fois et trébuché de nombreuses fois.
C’est ainsi que se forge la conscience de Soi et qui dit conscience de Soi dit libre-arbitre, qui dit libre arbitre dit responsabilité,
qui dit responsabilité dit connaissance progressive de l’arbre du bien et du mal. Cet arbre représente la dualité primordiale comme les deux colonnes du temple Jakin et Boaz
qui sont les joyaux de l’ésotérisme occidental. Ces deux colonnes qui une fois franchit amène l’homme hors de l’illusion, hors de la maya.
L’illumination
Le soir ils arrivèrent dans un petit village où les indiens Hopis
vivaient et ceux-ci mirent deux petites maisons à la disposition des passagers. Juanita sourit à Riberio et l’invita à la suivre dans une des maisons, Juanita se déchaussa et s’allongea sur
une natte et elle dit. »
« Je me demandais si tu allais
comprendre. »
Riberio se mis à genoux au pied de la natte et à l’aide d’une
calebasse d’eau entrepris de lui laver les pieds encore abîmés par l’escalade du couvent.
« Tiens tu fais comme le Christ, mais crois tu que lui aussi
avait perdu ses pouvoirs et n’avait rien pressenti avant d’être pris pour être crucifié. »
« Je n’en sais rien, il
savait sans doute que Judas allait le trahir mais ne savait pas quel sort l’attendait. »
« Toi non plus tu ne sais plus quel sort t’attends. »
« Jésus à dit un jour, il faut que je diminue pour qu’ils croissent, peut être que mes pouvoirs
doivent diminuer pour que croissent les tiens. »
« Je préfère quand même un homme plutôt qu’un saint, un saint n’a pas le droit de faire ce que tu vas
faire dans très peu de temps. »
« Je ne sais pas ce que je vais faire, je ne sais plus rien. »
Elle éclata de rire
« Que c’est drôle tu as même perdu ton intuition, gros bêta. » Elle riait de plus
belle.
« Je sais que ce n’est pas drôle, mais je ne peux plus m’arrêter c’est nerveux. »
Elle se déshabilla avec peine, tellement elle riait. Elle cessa au moment où leurs peaux nues entrèrent en
contact, elle frissonna comme si elle avait reçue une décharge électrique.
« Oh!, oui, oui, j’ai follement envie. » Cria-t-elle.
Le lendemain le jour se leva. Juanita s’étirait comme un félin repu, elle était à la fois contente et
comblée elle remarqua que la couche à côté d’elle était vide. Où était-il encore passé, il était parti au milieu de la nuit et il n’était pas encore revenu?. Non Riberio ne reviendrait pas
c’est à dire qu’il reviendrait différent. Sous la lune à trois heures du matin il fût emporté par l’expérience. Il est bizarre cet homme pensa Juanita. Riberio entra.
« Alors comme cela, je suis bizarre. »
Elle s’apercevait qu’il lisait dans ses pensées comme dans un livre ouvert.
« Tes pouvoirs sont revenus. »
« Bien plus que cela, je ne serais jamais seul. »
« Ah bon. » Elle le regarda effarée il était comme éclairé par l’intérieur. Elle commençait à se
demander si elle ne le préférait pas comme avant.
« Nous allons de l’avant, ne regrette pas le passé. »
« M’aimes tu encore. »
« Oui je t’aime comme tout l’univers. »
« Mais je ne suis pas tout l’univers. »
« Tu es ma parcelle d’univers préférée. »
Elle poussa un ouf de soulagement, il n’avait pas entièrement perdu la tête.
« Au fait Juanita c’est bien d’écouter Emmanuel c’est un métier qui existera plus tard, il s’appellera
infirmière de l’âme ou un nom moins poétique. »
Le mot psychologue n’existait pas encore du moins dans cette partie du monde et le mot
psychanalyste existait encore moins. Il n’existait que « Le médecin des fous » appelé plus tard un psychiatre.
Depuis quinze jours déjà, le trio était installé près d’Albuquerque au Nouveau Mexique dans le petit village
des Hopis. Riberio avec l’aide de Juanita soignait avec encore plus de facilité qu'auparavant. Riberio était toujours content, mais la jalousie s’insinuait peu à peu dans l’esprit de Juanita.
Elle n’était pas jalouse d’une femme se serait trop simple car elle avait une grande confiance dans sa féminité. Mais elle était jalouse de l’âme de Riberio qui passait au premier plan, avant sa
personnalité, avant son ego. Il faut que je diminue pour qu’ils grandissent disait Jésus .Juanita disait « Il faut qu’il diminue pour qu’elle grandisse. Autrement dit cette
partie que Riberio montrait, cette partie mystérieuse qu’à défaut d’autre chose nous appellerons l’âme, cette âme riche d’expériences en contact avec le divin, quand cette âme passait au
premier plan Riberio avait tout, il n’avait besoin de personne.
Auparavant il avait besoin de Juanita pour être complet, il lui avait dit un jour « tu es ma moitié
d’orange. » Mais depuis l’expérience elle se retrouvait en face d’un verger d’orangers.
Elle se morfondait, heureusement un jour il se décida pour effectuer un long voyage vers la
Nouvelle Orléans en passant par Memphis. Elle savait que Riberio serait presque tout à elle. Elle s’imaginait descendant le Mississippi. Ce fût le jour du départ avec trois chevaux et deux mulets
pour les bagages. Juanita passait beaucoup de temps à remonter le moral d’Emmanuel qui était décidé à devenir moine.
« Mais enfin Emmanuel tu ne peux pas te faire moine par dépit, mais uniquement par vocation, tiens j’en
connais un qui ferais bien moine lui qui est constamment en conversation avec son âme. »
« Mais Riberio t’aime ne l’oublies pas. »
« Tu sais je suis son morceau d’univers préféré, mais où se finit l’univers et vois tu je ne peux rien
faire, si j'étais en concurrence avec une belle jeune fille élancée et belle j’aurais des armes, j’aurais mon corps chaud, mes caresses, mon charme mais comment lutter avec une âme, comment faire
comment lutter avec une ennemie invisible. »
« Je ne sais pas disait Emmanuel."
« D’autant plus comme il le dit que nos âmes sont en harmonie et comment faire pour
lutter contre quelque chose avec laquelle nous sommes en harmonie. »
Posséder dans l'unité et non se perdre dans l'unité, tel est le secret. Dieu et l'homme, le monde et l'au-delà deviennent UN
quand ils se connaissent l'un l'autre. Leur division est la cause de l'ignorance, de même que l'ignorance est la cause de la souffrance.
D’après Shri AUROBINDO
L’unité avec Dieu, ce n’est pas se perdre, c'est-à-dire que la personnalité de l’homme construite au cours du temps ne se perd pas. Cette
personnalité est faite des choix successifs, des erreurs successives, des réussites successives, cette personnalité est construite à l’aide du libre-arbitre. Rappelons cela à
notre cher ami B et grâce au libre arbitre quand vient le temps de la « résurrection » où plutôt de la naissance du corps divin; l’homme à ce moment là est une partie de Dieu mais
une partie consciente d’elle-même.
Le monde de l’au delà est différent, il imprime sa marque sur le monde matériel, il est à l’origine et en même temps il en porte l’empreinte,
par contre dans le monde de l’au-delà je change facilement de vie et de décors et je peux m’intéresser au monde matériel que je vois en reflet dans l’eau d’une fontaine imaginaire d’autres
parlent d’un objet nommé « Télévision » que je ne connais pas vivant pour la dernière fois au XVII ème siècle, connaître les deux mondes c’est
approcher de l’unité ce qui veut dire que les communications sont plus faciles de l’au-delà vers le monde matériel que l’inverse. La présence de Dieu est une évidence dans l’au-delà. L’homme qui
ne la voit pas est en « enfer ». Enfer évoque également l’enfermement, cela parait évident en français. Nous sommes loin des dogmes, des églises, des guerres de
religions qui ont fait de nombreux morts et qui disent au fond la même chose. Que de malheurs.
Le texte du grand philosophe du vingtième siècle Shri Aurobindo transcende les différences et sont l’œuvre d’un authentique «Eveillé »
par la pertinence de ses propos qui restent quand même parfois obscurs.
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